CE QU'IL RESTE DE NOUS
jeu. 26 mars
|LE COLISÉE CARCASSONNE
Drame - Allemagne, Palestine - 2h25 (11/03/2026) De Cherien Dabis Avec Saleh Bakri, Cherien Dabis, Adam Bakri Titre original Allly baqi mink


Heure et lieu
26 mars 2026, 16:00 – 06 avr. 2026, 14:00
LE COLISÉE CARCASSONNE
À propos de l'événement
HORAIRES
5 séances avec des horaires pouvant varier de quelques minutes :
Les horaires précis sont déterminés chaque semaine par le Colisée.
Lun 9/03 : 15h30 Avant-Première en présence de Cherien Dabis
partenariat FIFP, AMD et ADC, remise du Grand Prix du Jury Fiction au FIFP 2026
Jeu 26/03 : 15h50 - Mar 31/03 : 20h15 échanges après la séance en présence des ADC
Ven 3/04 : 18h - Dim 5/04 : 18h - Lun 6/04 : 14h
SYNOPSIS
De 1948 à nos jours, trois générations d’une famille palestinienne portent les espoirs et les blessures d’un peuple. Une fresque où Histoire et intime se rencontrent.
CRITIQUES
Cahiers du Cinéma :
Le portrait des personnages convainc plutôt sur la durée ; les hommes surtout s’épaississent dès que la chronique d’un quotidien entravé prend le pas sur la leçon d’histoire et qu’ils cessent d’être des figures génériques, appelées à valoir pour tous.
Première :
Une fresque de 2h30 où Cheren Dabis raconte l’histoire de la Palestine à travers celle d’une famille qui, génération après génération, a subi les dommages collatéraux de l’occupation israélienne (...) Le tout avec une mise en scène discrète au service de l’histoire et de ses impeccables interprètes.
Télérama :
C’est un film dont on ressort ému, bouleversé, mais aussi étrangement apaisé. Non pas que la Palestino-Américaine Cherien Dabis — des deux côtés de la caméra — épargne ses personnages, pris dans la tourmente d’un conflit plus que jamais d’actualité. Mais l’actrice et réalisatrice réussit, à travers cette ample et douloureuse fresque (son second long métrage après Amerrika, en 2009) à faire exister l’humanité de ses héros, d’une manière qui poursuit longtemps le spectateur.
En 1988, en Cisjordanie, des adolescents courent dans la rue, se mêlent à une manifestation contre l’occupation israélienne. Alors que des tirs éclatent, un des jeunes, Noor, paniqué, se réfugie dans une voiture au moment même où une balle traverse le pare-brise. Puis une femme parle, face caméra, à des interlocuteurs invisibles. Elle veut, dit-elle « raconter qui est [s]on fils ». Début et moment pivot d’un récit déchirant, qui évoque l’histoire d’une famille palestinienne sur trois générations.
Entre le début et la fin, c’est un processus de dépossession, d’enfermement, d’incarcération à ciel ouvert que vivent les protagonistes. Tout commence en 1948, à Jaffa, où Sharif (Adam Bakri), producteur d’oranges, sa femme, Munira (Maria Zreik), et leurs enfants se voient expulsés de leur foyer, et de leurs terres, au moment de la création de l’État d’Israël. Trois décennies plus tard, les enfants sont devenus adultes, et le clan est condamné à vivre dans un camp de réfugiés en Cisjordanie. Enfin, retour aux années 1980 et à cette fameuse manifestation où Noor, le plus grand fils, vient d’être grièvement touché par des tirs, et emmené à l’hôpital.
Une cruelle et belle histoire de famille
L’une des scènes les plus insoutenables repose non sur la brutalité physique, mais sur les mots : des paroles qui transforment un père en « traître » et en « lâche » aux yeux de son fils, alors qu’il sont pris à partie par des soldats israéliens pour avoir violé — involontairement — un couvre-feu. La honte coule dans les veines, de pair avec la rage, et irrigue la descendance. Si le film est si fort, c’est parce qu’il résonne avec l’histoire familiale de la réalisatrice, fille d’exilés, qui questionne la manière dont les traumatismes passent des parents aux enfants. Cette transmission de la colère — qui peut s’avérer mortelle — vaut aussi pour la résilience. Le titre du film prend tout son sens, à travers le choix opéré par Hanan (Cherien Dabis) et son mari, Salim (Saleh Bakri), de rompre la chaîne de la violence et de donner un sens à leur souffrance.
Saga romanesque, drame politique, Ce qu’il reste de nous est aussi, avant tout, une cruelle et belle histoire de famille, aux personnages particulièrement émouvants (incarnés par une partie de la dynastie Bakri, lignée de grands acteurs palestiniens) : le grand-père nostalgique (Mohammad Bakri, décédé depuis le tournage), qui, la nuit, somnambule, dans une cour aveugle, s’imagine rejoindre le figuier de la maison dont il a été expulsé des années auparavant ; son fils (Saleh Bakri), obligé de faire profil bas pour protéger les siens ; son petit-fils, perpétuellement en lutte ; mais aussi Hanan, figure de mère courageuse et digne… Dans le chaos de ces vies chamboulées, la réalisatrice rend hommage à l’amour filial, tout autant qu’à celui d’un couple dont le lien résiste aux épreuves, au temps et à l’exil inévitable.
Le Monde :
Cherien Dabis, 49 ans, Américaine d’origine palestinienne, signe une fresque historique du destin palestinien contemporain – s’arrêtant au seuil de la séquence ouverte par le 7 octobre 2023 – à travers l’histoire d’une famille. Du traumatisme fondateur de la dépossession de la maison familiale de Jaffa, en 1948, au retour du père passant, après de longues années d’exil, en 2022, devant la demeure perdue de son enfance, la réalisatrice entend souligner la tragédie du peuple palestinien.
Le film joue pour ce faire, non sans une certaine naïveté, la carte du mélodrame et du romanesque, mais ne parvient pas pour autant à soustraire ses personnages de leur statut de porte-drapeaux. Une de ses principales qualités tient toutefois à la peinture des enjeux transgénérationnels du trauma, de la colère qui ne désarme pas du grand-père à celle, décuplée, de son petit-fils, en passant par la terrible humiliation et le fatalisme d’une génération intermédiaire peu ou prou sacrifiée. J. Ma.
Bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=x5yatHwz2k0
