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COTTON QUEEN

jeu. 10 sept.

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LE COLISÉE CARCASSONNE

Drame - Allemagne, Soudan - 1h 33 (5/08/2026) De Suzannah Mirghani Avec Mihad Murtada, Rabha Mohamed Mahmoud, Talaat Farid Titre original Malikat Alqutn

COTTON QUEEN
COTTON QUEEN

Heure et lieu

10 sept. 2026, 16:00 – 21 sept. 2026, 14:00

LE COLISÉE CARCASSONNE

À propos de l'événement

HORAIRES

5 séances avec des horaires pouvant varier de quelques minutes :

Les horaires précis sont déterminés chaque semaine par le Colisée.

Jeu 10/09 : 16h - Mar 15/09 : 20h.

Ven 18/09 : 18h - Dim 20/09 : 18h - Lun 21/09 : 14h


SYNOPSIS

Dans un village cotonnier du Soudan, l'adolescente Nafisa est élevée au milieu des récits héroïques de la lutte contre les colonisateurs britanniques racontés par sa grand-mère, la matriarche du village, Al-Sit. Mais lorsqu'un jeune homme d'affaires arrive de l'étranger avec un nouveau plan de développement et du coton génétiquement modifié, Nafisa se retrouve au centre d'un jeu de pouvoir qui déterminera l'avenir du village. Prenant conscience de sa propre force, Nafisa se lance dans une quête pour sauver les champs de coton – et elle-même. Ni elle ni sa communauté ne seront plus jamais les mêmes.


SECRETS DE TOURNAGE

Le titre Cotton Queen trouve son origine dans une découverte inattendue de Suzannah Mirghani au cours de ses recherches sur l'industrie cotonnière. Une simple note de bas de page évoquant un concours de beauté organisé dans les années 1930 pour promouvoir le coton colonial britannique a immédiatement retenu son attention. La réalisatrice y a vu le point de départ idéal pour raconter comment les jeunes femmes se retrouvent au croisement du colonialisme, du patriarcat et des mutations économiques. "J'ai immédiatement su que ce serait le titre de mon film", confie-t-elle.

En recherchant des lieux de tournage au Soudan, la réalisatrice a rencontré de nombreux producteurs de coton et a découvert que le coton local soudanais n'existait plus. Elle développe : "le coton traditionnel a été remplacé par des variétés génétiquement modifiées, importées de l'étranger. Cela a complètement transformé les méthodes de travail des agriculteurs, qui dépendent désormais davantage des grandes entreprises pour leur subsistance, ce qui a entraîné la disparition de leurs réseaux traditionnels et communautaire".

Les chansons et les poèmes occupent une place essentielle dans la narration du film. La réalisatrice explique que, dans la société soudanaise traditionnelle, la musique constitue l'un des rares espaces où les jeunes filles peuvent exprimer librement leurs désirs et leurs frustrations : "Elles peuvent composer des paroles qui seraient inacceptables dans tout autre contexte social".


CRITIQUES

Cahiers du Cinéma :

C’est par la manière dont le film tresse la tonalité juvénile d’un coming-of age movie avec la dureté glaçante des relations économiques qu’il convainc, invitant à déceler, derrière la joliesse de jeunes filles tout de blanc vêtues, des tractations omniprésentes que chacun, sauf l’héroïne, fait mine de ne pas voir.

Télérama :

Ce premier long métrage de fiction réalisé par la Russo-Soudanaise Suzannah Mirghani n’évoque pas la guerre civile qui ravage le Soudan depuis 2023. Il se concentre sur un passé plus ancien, au travers des relations entre Nafisa (la gracieuse Mihad Murtada), une jeune fille qui travaille dans les champs de coton, et sa grand-mère un peu sorcière, mais surtout témoin plus ou moins héroïque de la décolonisation des années 1950.            

Entre récit d’émancipation féminine, premiers émois amoureux, chronique familiale, fantômes de l’ancienne domination britannique et préoccupations écolo-sociales (on veut marier Nafisa à un riche héritier qui souhaite remplacer les plants de coton traditionnels par des OGM), le film ne choisit pas vraiment, mais ouvre une fenêtre étrangement lumineuse sur un territoire de cinéma rarement exploré.            Le Monde :

Après Tommy Guns de Carlos Conceicao, sorti fin juillet, arrive dans les salles un second film qui explore l’héritage de la violence coloniale en Afrique. Cette fois, en adoptant une perspective écoféministe. Cotton Queen nous emmène au Soudan, au cœur de la relation singulière qui unit Al-Sit (Rabha Mohamed Mahmoud), une grand-mère propriétaire d’un champ de coton, et sa petite-fille, Nafisa (Mihad Murtada), qui, avec d’autres jeunes femmes de son âge, travaille à la cueillette de cette production traditionnelle. Celle-ci rêve de partager sa vie avec Babiker (Talaat Farid), un villageois propriétaire d’un bateau, afin de mener une existence heureuse et peut-être quitter son village. Mais son aïeule a d’autres plans pour elle. Al-Sit voudrait offrir la main de Nafisa à un homme d’affaires, Nadir Tajini (Hassan Kassala), qui a fait ses classes et trouvé la prospérité en Europe. Bien que les médias lui prêtent une histoire avec une femme blanche, lui voudrait épouser une fille du pays. Une façon d’asseoir son intégration dans la communauté au moment où il tente d’imposer le monopole de graines de coton génétiquement modifiées, dotées d’un meilleur rendement à court terme mais ouvrant une dépendance aux grandes firmes internationales.                                                                     

Désirs contrariés Cotton Queen, qui mêle approche poétique et réalités documentaires, met en mouvement les désirs contrariés de deux générations de femmes qui tentent de garder la maîtrise de leur destin. Pour Al-Sit, et son visage scarifié, cette reprise en main passe par une réécriture de son passé. Elle élève au rang de mythe local sa résistance face aux colons britanniques dont elle aurait défié le joug. Sa volonté de contrôle s’étend alors à Nafisa, qu’elle essaie de préserver des épreuves qu’elle a subies. Pour la petite-fille, face aux interdictions sociales qui régissent la vie des femmes, il s’agit de trouver des espaces de liberté où pouvoir être pleinement soi-même. Ainsi, avec les autres travailleuses du champ de coton, elle va se baigner et rire à la rivière, au risque de subir l’opprobre public.       Mais chacun de ces endroits où s’affirmer est peu à peu menacé par la mainmise d’hommes puissants prêts à déposséder ces femmes du peu qu’elles ont. Suzannah Mirghani fait alors de son film un cri de résistance contre un ordre du monde où la violence, moins visible qu’à l’époque coloniale, est tout aussi destructrice. Son récit, qui laisse une large place à la musique comme à la poésie, replace de la valeur dans des choses simples qui défient les seuls impératifs de performance. Sa mise en scène d’une grande douceur exacerbe la beauté solaire de ses personnages, sans jamais rien céder à la rage qui les anime.

L'Obs :

Cette allégorie ouvrière poétique et sororale, écrite et mise en scène par une femme d’origine soudanaise, ose le mélange des genres dans un canevas bigarré de récits surprenants et habilement agencés.


Bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=IYGGZSCqsbs



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