COVAS DO BARROSO Soirée Débat Rencontre de l'Orbiel
ven. 14 nov.
|LE COLISÉE CARCASSONNE
Partenariat LDH, Collectif "Pour que vive la vallée de l'Orbiel" et ADC Comédie, documentaire - Portugal - 1h17 (26/03/2025) De Paulo Carneiro Avec Aida Fernandes, Maria Loureiro, Elisabete Pires Titre original A Savana e a Montanha


Heure et lieu
14 nov. 2025, 20:00 – 23:00
LE COLISÉE CARCASSONNE
À propos de l'événement
Les Rencontres de l'Orbiel participent au Festival "A ta santé environnementale!" les 7, 8 et 9 novembre au lycée Charlemagne - Carcassonne (le vendredi 7 étant la journée à destination des lycéens) en partenariat avec l'Institut Eco Citoyen de l'Aude dans le cadre de leur festival "A ta santé !".
Ensemble du programme du we : https://www.iecsea.org/about-3-1
Ensuite ciné débat le 14 novembre autour du film A Savana e a Montanha de Paulo Carneiro .
Enfin, pour terminer, le 22 novembre à 15h Salle municipale à Lastours : Rencontre débat sur le Secteur d'Information des Sols (SIS).
Le collectif " Pour que vive la vallée de l'Orbiel", regroupe les associations Terres d'Orbiel, UFC Aude PO, Ligue de Droits de l'Homme Carcassonne et Secours Catholique-Caritas France. Il a pour objectif d'informer les habitants sur la situation de pollution de leur environnement consécutif à plus d'un siècle d'exploitation minière sur ce territoire, mais aussi de les mobiliser, d'interpeller les pouvoirs publics et les médias afin que soit mis en œuvre une dépollution et sécurisation des tonnes de déchets miniers à l'origine de cette situation. Cette soirée ciné débat s'inscrit dans cette démarche en proposant de venir s'informer de la situation actuelle en miroir avec ce que vit la population du village de Covas do Barroso présentée dans le film A Savana e a Montanha.
SYNOPSIS
La communauté de Covas do Barroso, au nord du Portugal, découvre qu'une entreprise britannique envisage d'implanter sur ses terres la plus grande mine de lithium à ciel ouvert d'Europe. Pour protéger la montagne, les habitants décident de faire face.
Ce film est présenté à la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes 2024.
CRITIQUES
Télérama :
Une centaine de paysans (éleveurs, apiculteurs…) du nord du Portugal s’opposent à l’implantation de ce qui deviendrait la plus grande mine de lithium à ciel ouvert d’Europe et transformerait montagnes et pâturages en zone sinistrée. Adieu veaux, vaches, abeilles… Pour raconter cette lutte férocement inégale, et toujours d’actualité, le cinéaste, originaire de la région, choisit une forme hybride, un genre de « documenteur » dans lequel la population locale rejoue son combat contre l’avidité du grand capital dans des scènes aux accents de western, parfois en chansons. Ou comment conjuguer art et militantisme en mode mineur. Et ne jamais oublier que, dans l’histoire de David contre Goliath, le plus ingénieux, c’est la fronde.
Le Monde :
« Covas do Barroso. Chronique d’une lutte collective » : dans un village du Portugal, un combat contre les mines de lithium aux allures de western
Le réalisateur Paulo Carneiro a fait rejouer aux habitants leur mobilisation contre l’implantation d’exploitations à ciel ouvert, sur un site écologique classé.
Le film que vous allez voir n’est pas un western, quoique. Le générique en reprend l’esthétique, avec ses lettres jaunes stylisées, une roulotte est dans le champ, et des personnages manient la carabine, ce qui n’est jamais bon signe.
Dans Covas do Barroso : chronique d’une lutte collective (Savanna and the Mountain), sélectionné à la Quinzaine des cinéastes à Cannes, en 2024, le Portugais Paulo Carneiro, né en 1990, à Lisbonne, détourne le décor afin de reconstituer une lutte collective, réelle, qu’il a découverte en 2019 : celle d’une communauté d’habitants se mobilisant contre l’implantation de quatre mines de lithium à Covas do Barroso, village du Tras-os-Montes, dans le nord du Portugal.
Comment peut-on envisager un tel projet, à ciel ouvert, sur un site classé au patrimoine agricole mondial par l’Organisation des Nations unies ? Le système agropastoral de la région de Barroso fait partie en effet des 86 « systèmes ingénieux », répertoriés à l’échelle de la planète, permettant de contrecarrer le réchauffement climatique. L’absurdité de l’arbitrage en faveur de l’entreprise britannique Savannah Resources, rendu possible par le soutien de l’Etat portugais, a poussé le cinéaste et les habitants à travailler l’humour. L’idée est venue de faire rejouer aux personnages des moments forts de la résistance, depuis 2018. Sachant que le combat n’est pas fini. Après le feu vert donné en 2023 à Savannah, un retournement de situation, sur fond de corruption de politiques, a permis aux habitants de Covas do Barroso de déposer des recours devant les tribunaux. Le 6 février, le tribunal administratif suspendait les activités de prospection de Savannah.
Parmi les habitants acteurs, citons Carlos Libo, éleveur de chevaux et producteur de miel, que l’on découvre à flanc de montagne au début du film ; Aida Fernandes et Nelson Gomes, agriculteurs et éleveurs de vaches ; Maria et Daniel Loureiro, viticulteurs et éleveurs de moutons ; Elisabete Pires, cuisinière et aide à domicile, qui aide son mari à la vigne.
Tout commence un beau jour d’été. Quelque chose cloche, le cheval blanc de Carlos Libo est bien nerveux. Des courriers arrivent dans les boîtes aux lettres, annonçant à grand renfort de prospectus le projet de mines de lithium visant à alimenter les véhicules électriques, pour ne plus dépendre des énergies polluantes que sont le pétrole, le charbon, etc. Du blabla que rejettent les villageois. Certains croient en la lutte, d’autres misent sur l’intimidation.
En bande sonore, des refrains de chansons militantes grattées à la guitare sèche rythment les péripéties : « C’est l’heure de se battre ! », ou encore « Brigade de la faux, il est de temps de mourir ou de tuer… » C’est drôle, et en même temps très sérieux, comme lorsque le cinéaste saisit des portraits en plan fixe d’habitants, sur leur tracteur. Ce troisième long-métrage de Paulo Carneiro, après Bostofrio, où le ciel rejoint la terre (2018) et Périphérique nord (2022), travaille un cousinage avec le cinéma de Luc Moullet. De fêtes de cow-boys en processions religieuses, les saisons passent, les gros camions noirs des méchants approchent, et les pelles sortent des hangars.
Cahiers du Cinéma :
L’audace de Paulo Carneiro est de se laisser guider par ces irréductibles paysans dans la valorisation de leur lutte, entre suivi du quotidien […] et mise en scène de l’opposition au gré de rencontres nocturnes et autres stratagèmes.

