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KONTINENTAL' 25

dim. 16 nov.

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LE COLISÉE CARCASSONNE

Drame - Roumanie - 1h49 (24/09/2025) De Radu Jude Avec Eszter Tompa, Gabriel Spahiu, Adonis Tanța

KONTINENTAL' 25
KONTINENTAL' 25

Heure et lieu

16 nov. 2025, 18:00 – 25 nov. 2025, 20:00

LE COLISÉE CARCASSONNE

À propos de l'événement

HORAIRES

4 séances avec des horaires pouvant varier de quelques minutes :

Les horaires précis sont déterminés chaque semaine par le Colisée.

Dim 16/11 : 18h10- Lun 17/11 : 14h  

Jeu 20/11 : 16h05 - Mar 25/11 : 20h40 échanges après la séance en présence des ADC


Ven 14/11 : 20h Ciné-débat Covas do Barroso, partenariat Collectif Orbiel, LDH et ADC.


SYNOPSIS

Orsolya est huissière de justice à Cluj, en Transylvanie. Elle doit un jour expulser un sans-abri qui vit dans le sous-sol d'un immeuble du centre-ville transformé en hôtel de luxe. Un événement inattendu la met brusquement face à ses contradictions.


CRITIQUES

Télérama

Dans sa note d’intention, Radu Jude présente Kontinental’25 comme « une modeste tentative de dialogue avec certains thèmes d’Europe 51, de Rossellini ». Pour rappel, dans ce classique du cinéma italien, le maître du néoréalisme chronique le parcours moral et spirituel d’Irène, une grande bourgeoise frivole (Ingrid Bergman) qui, après le suicide de son fils, voue sa vie aux pauvres — et finit enfermée en asile psychiatrique à l’initiative de sa propre famille. En 1951, Roberto Rossellini dénonçait les ravages du conformisme et de l’intolérance dans le monde de l’après-Seconde Guerre mondiale obsédé par le matérialisme. Soixante-quatorze ans plus tard, rien n’a changé — ou, alors, en pire. Orsolya est une huissière de justice chargée de remettre un avis d’expulsion à un clochard qui vit dans la cave d’un immeuble de Cluj-Napoca promis à la démolition — il faut faire place nette pour un hôtel de luxe. Elle lui laisse quinze minutes pour faire ses bagages mais, à son retour, l’homme s’est pendu au radiateur… Ce geste désespéré culpabilise Orsolya qui, au bord de la dépression, décide de ne pas partir en vacances avec sa famille afin de rester seule. Et de chercher des réponses à ses questions existentielles auprès d’une vieille copine égocentrique, de sa mère acariâtre, d’un prêtre orthodoxe très à cheval sur l’orthodoxie, ou encore d’un ancien étudiant en droit reconverti en livreur Uber… Moins expérimental, toujours aussi politique Radu Jude n'est pas Rossellini. L’ambiance n’est pas au tragique, mais au sarcasme. À travers les échanges de l’héroïne avec ses interlocuteurs, le réalisateur de N'attendez pas trop de la fin du monde  tire tous azimuts sur la corruption, l’hypocrisie religieuse ou les ravages du nationalisme. Le réalisateur roumain a quelque peu réfréné ses ardeurs d’expérimentations formelles — pas de collages godardiens, ni d’utilisation ludique des images numériques, ici, même si les déambulations du clochard puis d’Orsalya dans un bois où rugissent des dinosaures font leur petit effet. Il se contente de filmer les face-à-face (ou les côte-à-côte) de ses comédiens dans de longs, très longs plans-séquences fixes. Ces ping-pong verbaux n’en sont pas moins stimulants pour l’esprit (et, il faut le dire aussi, un rien plombants pour le moral…). Avec un humour féroce en prime. Quel autre cinéaste oserait citer dans un même film la Bible, Ice-T, le laveur de toilettes publiques japonaises de Perfect Days de Wim Wenders ou cette blague politiquement incorrecte : « Pourquoi n’y a-t-il pas de Roumains dans Star Wars ? Parce que, même dans le futur, ils ne veulent pas travailler » ?      

Le Monde :                                                                                                          

Radu Jude a imposé l’image d’un cinéaste « Frankenstein », résolu à couturer des registres et matériaux hétérogènes, et volontiers triviaux. Agaçant ? Parfois, mais cela fait partie du jeu. Le cinéaste roumain estime que la gracieuseté est un luxe que nous ne pouvons plus nous payer. N'attendez pas trop de la fin du monde : le titre de son précédent film avait valeur de manifeste. Cela ne nourrit pourtant pas, chez lui, un nihilisme dépressif, mais un appétit qui, s’il peut parfois confiner à la boulimie, lui permet de ne pas renoncer. Comparé aux films monstres qui le précèdent (et à celui qui va bientôt le suivre, un Dracula débordant de partout), Kontinental ’25 est un modèle réduit qui s’assume : il a été réalisé en petit comité et en une dizaine de jours, avec un iPhone 15. Le film étonne par sa narration en apparence « sage », linéaire, qui rompt avec les coutumiers collages sauvages de Jude. L’argument tient en peu de mots : à Cluj (le chef-lieu de la Transylvanie), un vieux SDF, Ion (Gabriel Spahiu), dont on suit d’abord le quotidien, squatte la chaufferie d’un immeuble qui doit être détruit pour laisser la place à un hôtel de standing. Il ignore les avis d’expulsion, jusqu’à ce que débarque une femme (Eszter Tompa), escortée d’une escouade de gendarmes lui enjoignant de quitter les lieux. Il dispose d’une petite demi-heure pour ce faire, ultime sursis qu’il consacrera à se suicider. La femme, encore sans nom, est transie d’effroi et va ensuite patauger dans la culpabilité, d’autant que les réseaux sociaux se saisissent du drame. Son identité ne surnage que par bribes. On met du temps à simplement connaître son prénom, Orsolya, et son exacte raison sociale : huissière de justice. Son environnement personnel demeure évanescent, ses deux enfants resteront des silhouettes fugaces, abstraites.                                                   

Renvoi à Rossellini                                                                                                  

On apprend encore qu’elle est issue de la minorité hongroise, ce qui est une nouvelle manière, pour Jude, de faire crisser l’histoire roumaine : s’il a déjà abordé dans son cinéma les persécutions et massacres dont les Roms et les Juifs ont été les victimes dans son pays, il évoque là une disjonction de plus. Le fait qu’elle soit hongroise est, sur les réseaux, une circonstance aggravante pour Orsolya, tandis qu’une entrevue avec sa mère, qui dégénère en dispute sur le régime de Viktor Orban, signale combien les Roumains de cette extraction peuvent mépriser le reste de la population.

Les fiches du Cinéma :

Radu Jude propose une variation de son art moins "hénaurme" mais tout aussi iconoclaste (un petit cas de conscience dans une ville roumaine anonyme), et poursuit ainsi son analogie maîtresse : “l’esprit de l’époque” est la salissure d’un passé lui-même impur.

Les Cahiers du cinéma :

Loin de se complaire dans la répétition d’une formule, le cinéaste roumain semble se nourrir de l’inconfort de la nouveauté, expérimentant des procédés de fabrication et de narration à chaque film. 


Kontinental ’25 a reçu l’Ours d’Argent du meilleur scénario lors de la 75e édition de la Berlinale, en février 2025.


Bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=mvxOAjxkXIs





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