LA FEMME QUI EN SAVAIT TROP
ven. 19 sept.
|LE COLISÉE CARCASSONNE
Drame - Iran - 1h 40min (27/08/2025) De Nader Saeivar, scénario de Nader Saeivar et Jafar Panahi Avec Maryam Boubani, Nader Naderpour, Abbas Imani Titre original Shahed


Heure et lieu
19 sept. 2025, 18:00 – 28 sept. 2025, 18:00
LE COLISÉE CARCASSONNE
À propos de l'événement
HORAIRES
5 séances avec des horaires pouvant varier de quelques minutes :
Les horaires précis sont déterminés chaque semaine par le Colisée.
Ven 19/09 : 18h avec présentation du film par un membre de l'association - Lun 22/09 : 14h - Mar 23/09 : 20h45
Jeu 25/09 : 16h - Dim 28/09 : 18h30.
SYNOPSIS
En Iran, Tarlan, professeure de danse à la retraite, est témoin d’un meurtre commis par une personnalité influente du gouvernement. Elle le signale à la police qui refuse d’enquêter. Elle doit alors choisir entre céder aux pressions politiques ou risquer sa réputation et ses ressources pour obtenir justice.
SECRETS de TOURNAGE
Compte tenu de son sujet et de sa dimension hautement politique, le réalisateur a tourné La Femme qui en savait trop de manière clandestine en Iran, avant de quitter le pays dès la fin du tournage. Il vit aujourd’hui à Berlin.
L’actrice principale du film, Maryam Boubani, est devenue un vrai symbole en Iran au début du mouvement "Femmes, Vie, Liberté". Elle a en effet été l’une des premières à retirer son hijab et à déclarer qu’elle ne voulait plus le porter. Un positionnement qui a ensuite été suivi par d’autres comédiennes iraniennes.
CRITIQUES
L’Obs : Témoin d’un meurtre perpétré par un homme puissant, Tarlan, professeure de danse retraitée, cherche à porter plainte auprès d’une police réfractaire. Refusant de plier, cette femme exemplaire (impressionnante Maryam Bobani) devient une cible de l’autocratie iranienne. Quelques semaines après « 7 jours » – adaptation décevante d’un scénario écrit par Mohammad Rasoulof –, le film de Nader Saeivar, cosigné avec Jafar Panahi, auteur d’« Un simple accident », palme d’or 2025, peut se voir comme une mise en bouche avant la sortie en salle, le 1er octobre, de ce dernier. Dénonciation glaçante autant que féministe de la déliquescence du pays, cette parabole magistrale sur l’opacité politique et la complexité idéologique est sublimée par une mise en scène acérée et implacable.
Libération : En 2016, alors que le réalisateur Jafar Panahi ne peut quitter l’Iran en raison de son assignation à résidence, il voyage dans son pays. Dans la ville de Tabriz, au nord-ouest de Téhéran, il rencontre Nader Saeivar, qui lui parle de son idée d’un film sur trois actrices incarnant trois générations de femmes. Pendant quatre mois, ils écrivent Trois visages, premier film tourné par Panahi après la mort de son maître Abbas Kiarostami et prix du scénario à Cannes en 2018. Sept ans plus tard, le troisième long-métrage de Nader Saeivar, La femme qui en savait trop (The Witness, en anglais) cette fois coécrit avec Jafar Panahi, aurait lui aussi pu s’appeler Trois visages.
Tourné clandestinement à Téhéran, il raconte trois générations de femmes, une grand-mère, sa fille adoptive et sa petite-fille, en prise avec l’oppression du régime islamique. La première, Tarlan, professeure de danse à la retraite et militante politique – incarnée par Maryam Boubani, l’une des premières actrices d’Iran à avoir retiré son hijab en déclarant qu’elle ne voulait plus le porter au début du mouvement «Femme, vie, liberté» – s’inquiète pour Zara, danseuse, battue par son mari, Salat, un notable proche du régime, qui lit dans l’expression de sa liberté un obstacle à son ascension professionnelle. Les faits se produisent sous les yeux de l’adolescente Ghazal, observatrice silencieuse mais non moins lucide. Venue rendre visite à sa fille, Tarlan est témoin d’un crime, qu’elle signale à la police, qui refuse d’enquêter.
Célébration du mouvement «Femme, vie, liberté»
Dans la pure tradition du cinéma iranien moderne, le film ausculte avec précision le fonctionnement de la société iranienne à travers un fait divers, certes fictif, mais composite d’affaires bien réelles – comme celle de Mohammad-Ali Najafi, ancien maire de Téhéran, reconnu coupable d’avoir tué par balle sa seconde épouse, ayant échappé à la peine de mort après avoir convaincu la famille de la jeune femme de le pardonner devant une caméra – la surveillance, les pressions exercées sur l’entourage, les avocats qui pourront toujours plaider le «meurtre dans le lit conjugal» et les lâchetés d’une société où le sort des femmes, nous dit le film, a moins de valeur que celui des souris, «ces créatures créées par Dieu» qui infestent l’immeuble d’un propriétaire peu concerné.
Télérama : N’en déplaise au distributeur français du film ayant choisi le titre ci-dessus, Tarlan n’est pas une héroïne hitchcockienne stricto sensu. Professeur de danse à la retraite à Téhéran, elle n’est ni blonde ni particulièrement sophistiquée. Mais il est vrai que la traduction littérale du titre original — « le témoin » — ne rendait pas hommage à la tension constante et au discret suspense à l’œuvre dans ce scénario écrit à quatre mains par Jafar Panahi et Nader Saeivar, puis tourné clandestinement en Iran avant que ce dernier quitte le pays pour Berlin. À l’instar des Graines du figuier sauvage, de Mohammad Rasoulof, La Femme qui en savait trop mêle avec intelligence l’intime et le politique, tout en intégrant à la fiction l’histoire récente de la dictature des mollahs et le mouvement Femme, Vie, Liberté. La danse, comme forme d’art et symbole d’émancipation de la jeune génération, sert de toile de fond à une intrigue policière très concrète autour d’un féminicide commis par un politicien. Témoin de ce crime, l’héroïne a toutes les peines du monde à le dénoncer à des institutions résolument solidaires des puissants.
Implacable sur la toxicité du silence imposé aux femmes par une bureaucratie aux ordres, le film s’achève sur une note d’espoir avec le très beau personnage de la fille du meurtrier, apte à sauver son père d’un empoisonnement, mais convaincue que son avenir à elle se situe loin de lui, dans la rue, avec ses amies, ses sœurs, cheveux au vent.
Bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=lAiCVQIv8QI

