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L'AMOUR QU'IL NOUS RESTE

jeu. 29 janv.

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LE COLISÉE CARCASSONNE

Drame - Islande - 1h49 (17/12/2025) De Hlynur Pálmason Avec Saga Garðarsdóttir, Sverrir Gudnason, Ída Mekkín Hlynsdóttir Titre original Ástin sem eftir er

L'AMOUR QU'IL NOUS RESTE
L'AMOUR QU'IL NOUS RESTE

Heure et lieu

29 janv. 2026, 16:00 – 09 févr. 2026, 14:00

LE COLISÉE CARCASSONNE

À propos de l'événement

HORAIRES

5 séances avec des horaires pouvant varier de quelques minutes :

Les horaires précis sont déterminés chaque semaine par le Colisée.

Jeu 29/01 : 16h10 - Mar 3/02 : 20h45 échanges après la séances en présence des ADC.

Ven 6/02 : 17h45 - Dim 8/02 : 18h30 - Lun 9/02 : 13h45


SYNOPSIS

La trajectoire intime d’une famille dont les parents se séparent. En l’espace d’une année, entre légèreté de l’instant et profondeur des sentiments, se tisse un portrait doux-amer de l’amour, traversé de fragments tendres, joyeux, parfois mélancoliques. Un regard sensible sur la beauté discrète du quotidien et le flot des souvenirs qui s’égrènent au rythme des saisons.


SECRETS DE TOURNAGE

L’Amour qu’il nous reste marque la troisième collaboration du cinéaste Hlynur Pálmason avec le comédien Ingvar Sigurðsson après Un jour si blanc (2019) et Godland (2022).

Le film est présenté à Cannes Première au Festival de Cannes 2025.

Il a été choisi pour représenter l’Islande dans la catégorie de l’Oscar du meilleur film international pour l’édition 2026.


CRITIQUES

Abus de ciné :

On dit souvent que l’on ne sait jamais ce qui se passe dans un couple. Avec ce nouveau long métrage du réalisateur de l’austère Godland, mais aussi du plus intimiste Un jour si blanc , il semble que ce soit à la persistance des liens de complicité dans une famille de cinq, que l’on peut appliquer cet adage. Pourtant le nouveau film de Hlynur Palmason aborde bien, de manière symbolique, l’usure du couple et le changement de regard de la femme sur son mari, malgré les moments qui font encore famille (une randonnée à cinq, un rituel de cuisine ensemble…). D’emblée, un plan marquant, sans aucun son, l'arrachement du toit d’une maison, vient incarner la dislocation en cours de cette famille (un passage en réalité filmé en 2017, mais belle métaphore introductive pour ce film).

Puis ce seront les œuvres de la femme (œuvres du réalisateur lui-même), plaques métalliques qui viennent déposer leur rouille sur des toiles, pantin suspendu qui fera les frais des jeux d’enfants agités… qui viendront renforcer la parabole de l’usure du temps. Chapitré par saisons, d’un printemps à l’autre, L’Amour qu’il nous reste se pare aussi d’un humour à froid, grâce notamment à quelques passages oniriques représentant ces choses que l’on peut parfois s’imaginer, notamment par désir qu’un karma vienne rétablir une certaine justice (le sort de l’avion d’un propriétaire de galerie d’art peu attentif et voleur de l’œuf d’une oie, celui du père dans son lit après avoir tué le coq de la maison…). S’amusant avec ces représentations, l’auteur questionne aussi la virilité du père, tandis qu’il affirme le désir d’émancipation de la mère, au sein de cette comédie dramatique surprenante et pleine de tendresse où la nature islandaise, filmée en gros plan (champignons, myrtilles, lichens…), joue le rôle ponctuel de facteur d’apaisement.

Libération :

Ce que cette nature te dit, titre du dernier film de Hong Sang-soo , irait sur mesure au cinéma de Hlynur Palmason . Certes, l’Islandais œuvrait jusqu’ici à un cinéma moins modeste que celui du Coréen : le superbe Godland, remarqué à Cannes en 2022 , retraçait l’épopée homérique d’un photographe danois du XIXe siècle, parti conquérir à coup de daguerréotypes l’île mystérieuse d’où est originaire Pálmason. S’infiltrait la sensation vertigineuse de se tenir à l’orée d’un autre monde, celui d’une faune et d’une flore vibrant d’une mélodie envoûtante et inconnue, à en faire tourner la tête du colon intrépide. Modeste, l’Amour qu’il nous reste le sera davantage, portrait d’une famille islandaise d’aujourd’hui dont les parents sont en cours de séparation. Une même symphonie le traverse pourtant, émanant d’une nature environnante qui a décidément beaucoup à dire à qui veut bien l’écouter.

Découpé en une myriade de moments de vie, sans qu’un véritable fil conducteur ne relie les tribulations d’Anna, la mère artiste, et Maggi, le père pêcheur, l’Amour qu’il nous reste entrelace la chronique quotidienne avec des panoramas des landes et des côtes, tantôt visités par les personnages, tantôt en jachère. Evocateur du ruban d’images d’un Terrence Malick, le film a des airs de home movie solaire, dont on aurait ouvert toutes les fenêtres – ou carrément arraché le plafond, comme dans le magnifique premier plan qui observe de l’intérieur le vieil atelier d’Anna en cours de démolition – pour y laisser entrer le vent, la lumière, la neige et les bêlements des moutons.                  

Touriste goujat                                                                                                                        

Y sont traités à égalité les disputes autour des tâches ménagères et la récolte de baies, la pêche au gros et les baignades en rivière, arrangées selon une harmonie aussi discrète qu’indomptable. «Je devrais faire comme vous, installer mon atelier à l’extérieur», dira un galeriste débarqué du continent à Anna, avant qu’une horde de chevaux piétine son coin de paradis. L’Amour qu’il nous reste réserve son lot de surprises : accorder son récit aux aléas des éléments produit de l’inattendu, des phénomènes plastiques (la lumière du nord tombant sur les grandes plaines ou les petits bosquets, rayonnant sur la pellicule 16 mm) aux surgissements burlesques. Au vol d’un œuf d’oie par le galeriste répond par exemple, quelques scènes plus tard, le crash de son avion pris dans une nuée de volatiles, comme un gag dans le fond d’un plan – si dans la nature, «le mal n’existe pas» (on pense cette fois à Ryusuke hamaguchi), gare tout de même aux retours de bâton.                                     

Contrairement à ce touriste goujat qui feint seulement la curiosité, Pálmason ne se contente pas d’une visite express de deux ou trois lieux communs. Pour faire corps avec les individus et leur environnement, il convient d’arpenter, de voir et revoir, de se souvenir pour plus tard. «Que s’est-il passé pendant que l’on regardait ailleurs ?» nous laisse nous demander le film, capable de transformer la glaciation hivernale d’un poulailler, aperçu quelques scènes plus tôt à la belle saison, en événement pour le regard. L’Amour qu’il nous reste convie surtout à une exploration du temps, reprenant le procédé sidérant expérimenté dans Godland. Face à une caméra impassible, les saisons défilent par jump cuts autour d’un objet fixe (un épouvantail frappé par le soleil, battu par la pluie puis gelé par le froid), comme si le montage parvenait momentanément à se brancher, à force de se frotter aux puissances telluriques islandaises, sur la chronologie distendue de l’île elle-même.

Panthéisme chic

A la longue, on pourra certes se lasser de feuilleter l’herbier composé par film. Le panthéisme chic de Pálmason fait feu de tout bois – la caméra se promène sous la robe d’Anna de la même manière qu’elle filme une orque bondissant hors de l’océan – et se perd en atours plus symboliques lors de scènes de rêves, moins inspirées. Reste que l’entreprise évite autant la carte postale que la métaphore facile (le lien entre cette famille et le monde autour d’eux reste diffus, sans causalité évidente) pour creuser une forme singulière. Comme Anna, qui conçoit ses œuvres en laissant des plaques de métal rouiller sur des toiles blanches, Pálmason cherche, à l’échelle du film et de sa famille de personnages, une manière d’imprimer du temps.

Positif : par Denitza Bantcheva

Hlynur Pálmason change de registre avec cette comédie dramatique foisonnante où le cours des saisons et les moments de la vie ordinaire se révèlent riches en beauté et en surprises.

Les Inrocks :

Hlynur Pálmason a dirigé ses propres enfants dans ce film réconfortant, qui tend par moments vers l’expérimentation documentaire.

Quel lien peut-il y avoir entre Godland (2022), fiction historique aride comme le voyage en terre islandaise de son prêtre explorateur et photographe de la fin du XIXe, et L’Amour qu’il nous reste, film d’aujourd’hui épousant la forme de la chronique familiale, de la comédie de remariage mais aussi celle, plus expérimentale, d’un documentaire quasi scientifique ? En quatre longs métrages, Hlynur Pálmason a déjà exploré différents genres et registres mais toujours avec ce même regard d’archéologue mêlé à la sensibilité de son statut de plasticien, à sa façon d’envisager les images comme une matière qui s’apprivoise, se sculpte, ne se donne pas comme ça.



Bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=2vCNIfrnOig



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