LE GARCON QUI FAISAIT DANSER LES COLLINES
ven. 26 juin
|LE COLISÉE CARCASSONNE
Comédie musicale - Macédoine - 1h39 (3/06/2026) De Georgi M. Unkovski Avec Arif Jakup, Agush Agushev, Dora Akan Zlatanova Titre original DJ Ahmet


Heure et lieu
26 juin 2026, 18:00 – 07 juil. 2026, 20:00
LE COLISÉE CARCASSONNE
À propos de l'événement
HORAIRES
5 séances avec des horaires pouvant varier de quelques minutes :
Les horaires précis sont déterminés chaque semaine par le Colisée.
Ven 26/06 : 18h - Dim 28/06 : 18h - Lun 29/06 : 14h (tarif 5€ Fête du Cinéma)
Jeu 2/07 : 14h - Mar 7/07 : 20h.
SYNOPSIS
Ahmet, 15 ans, grandit au milieu des montagnes de Macédoine, où il garde les moutons de son père tout en prenant soin de son petit frère. Mais lui, ce qui le fait rêver, c’est la musique. Entre les attentes de son entourage et ses envies d’ailleurs, Ahmet pourra-t-il un jour suivre son propre chemin ?
SECRETS DE TOURNAGE
Il s’agit du premier long-métrage réalisé par le cinéaste Georgi M. Unkovski. Auparavant, ce dernier avait réalisé trois courts-métrages (Tomorrow a new leaf – 2013 ; Pepi i Muto – 2015 et Sticker – 2019) ainsi que plusieurs épisodes de la série Prespav.
Le film a été présenté en avant-première mondiale lors de l’édition 2025 du festival de Sundance (où il a reçu le World Cinema Dramatic – Audience Awards et le World Cinema Dramatic Special Jury Award pour Creative Vision), avant d’être sélectionné dans un grand nombre de festivals internationaux comme ceux de Sydney, Bangkok, Stockholm ou encore le festival Ciné Junior en France.
Dans une interview accordée au magazine Variety, Georgi M. Unkovski a fait savoir que pendant l’étape du casting, il avait vu, avec sa directrice de casting, Kirijana Nikolovska, plus de 3000 jeunes garçons pour le rôle d’Ahmet. C’est finalement Arif Jakup, dont c’est la première expérience au cinéma, qui a été choisi au terme d’un long processus de casting.
CRITIQUES
Télérama :
Ce récit d’apprentissage très original nous parvient d’un petit pays d’Europe de l’Est créé lors de l’éclatement de l’ancienne Yougoslavie : la République de Macédoine du Nord. Dans ses montagnes vivent les Yörük, des bergers semi-nomades d’origine turkmène longtemps restés à l’écart du reste de la population, avant que les plus jeunes, réseaux sociaux aidant, se rapprochent du monde extérieur. Ahmet, l’attachant héros du film, a 15 ans et garde les moutons de son père, tout en s’occupant de son petit frère… et en rêvant de s’affirmer grâce à la musique. Il n’est pas insensible non plus aux charmes de sa voisine, Aya, qui a un plan secret pour échapper à un mariage arrangé avec un travailleur immigré en Allemagne.
Le conflit entre tradition et modernité est chroniqué avec vivacité et drôlerie dans ce feel good movie qui déjoue souvent les clichés sur la représentation de la vie rurale dans les Balkans. Les jeunes filles yörük s’affichent bien en costumes hyper colorés et richement brodés — « folkloriques » pourrait-on dire —, mais elles s’entraînent d’arrache-pied sur une chorégraphie digne d’un girls band et destinée à faire le buzz sur TikTok. La bande originale mélange habilement les instruments traditionnels et les rythmes électro. Et, dans la scène la plus étonnante du film, Ahmet puis son troupeau se retrouvent dans une rave party surprise au fond des bois — images insolites, à l’onirisme bienvenu, de ces moutons égarés sous les stroboscopes au milieu des « teufeurs » qui sautent dans tous les sens.
Chœur.
Ce n’est pas la seule trouvaille heureuse de ce premier long métrage maîtrisé. Le réalisateur a ainsi malicieusement scandé son récit par des plans récurrents d’un groupe de femmes réunies sous un arbre pour commenter la vie et les actions d’Ahmet. L’allusion au chœur des tragédies grecques est évidente. Mais Georgi M. Unkovski n’en fait pas mystère, ces mères et grands-mères à la langue bien pendue sont aussi un clin d’œil aux deux papys narquois qui, depuis leur loge, se moquent des prestations des marionnettes du Muppet Show !
Le Monde :
Ahmet, fils de berger dans les montagnes macédoniennes, se passionne pour la musique électronique qu’il écoute sur son smartphone. Un soir, en ramenant ses brebis à l’enclos, il surprend Aya, une voisine bientôt mariée, dans une rave au milieu des bois. Ce premier long-métrage d’un jeune Macédonien né et formé aux Etats-Unis, raconte l’arrivée des nouvelles technologies dans un petit village yörük, communauté semi-nomade turcophone, implantée en Europe orientale depuis le XIVe siècle. Le film n’évite pas l’écueil du folklorisme, fixant cette tradition par un style publicitaire où l’insolite peine à se muer en poésie. Ainsi voit-on un imam diffuser le son de démarrage de Windows 95 depuis les haut-parleurs du minaret, une brebis repeinte en rose fluo après s’être égarée dans une rave, ou encore des bergères en tenue danser sur du rap. A travers ces effets, le film trahit surtout une vision très occidentalisée, où la culture pop souffle un vent d’émancipation, tandis que les modes de vie locaux sont renvoyés à leur archaïsme. Le village devient un autre décor où dérouler la fable de la modernité.
Libération :
Promesse toujours alléchante, Le garçon qui faisait danser les collines nous invite à arpenter un territoire rare au cinéma : la Macédoine du Nord, et en particulier ses régions montagneuses peuplées par les Yörüks, bergers au mode de vie traditionnel résistant tant bien que mal aux développements technologiques. Le jeune héros du film de Georgi M. Unkovski, Ahmet, évolue ainsi dans une enclave anachronique grignotée par les signes du contemporain. Ses camarades de classe scrollent TikTok pendant qu’il trait les brebis, et les bois près de sa ferme abritent des raves partys, qui tombent à pic pour l’adolescent secrètement fan de musique électro. Ce coming of age macédonien se couple donc au portrait d’une ruralité en mutation, occasionnant quelques frictions cocasses, comme quand les moutons d’Ahmet le suivent jusqu’en soirée et sèment le chaos parmi les fêtards.
Tradition et modernité, jeunesse et archaïsme… En miroir de ces dualités assez binaires, le film alterne entre scènes de labeur enrobées d’un vernis vériste – caméra portée, cadres tremblants, montage à la serpe – et moments d’euphorie aux airs de vidéoclips quand Ahmet trouve refuge dans la musique. Ces deux régimes a priori antagonistes (chronique réaliste contre abstraction, temps réel contre étirement, accablement contre légèreté) fonctionnent en réalité sur un même mode quasiment publicitaire : la première réduit à quelques tics visuels une vie difficile que l’on observera rarement dans le détail, tandis que la seconde vend l’idée d’une émancipation en multipliant les ralentis racoleurs.
Nouvel Obs :
Le titre est un trompe-l’œil un peu raté qui dessert cette comédie acide et parfois joyeusement mécréante narrant le désir d’émancipation d’un jeune ado rêvant de devenir DJ. Ahmet, 15 ans, qui vit entre un père austère et un petit frère admiratif et adorant danser, travaille à la garde des moutons. Les abruptes montagnes de Macédoine servent de décor guttural à une échappée libre et malicieuse qui, en fuyant le pittoresque, dit le poids du religieux dans un village où l’imam, dépassé, essaie, sans y parvenir, d’automatiser l’appel à la prière. Le diable est bien dans les détails et ils sont nombreux dans cette fantaisie colorée qui s’équilibre entre légèreté de ton et gravité des émotions. Réjouissant coup d’essai.
Bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=HYFZhNZd4FY
