LE PAYS D'ARTO
ven. 30 janv.
|LE COLISÉE CARCASSONNE
Drame - Arménie, Fr. - 1h44 (31/12/2025) De Tamara Stepanyan Avec Camille Cottin, Zar Amir Ebrahimi, Shant Hovhannisyan


Heure et lieu
30 janv. 2026, 18:00 – 10 févr. 2026, 20:00
LE COLISÉE CARCASSONNE
À propos de l'événement
HORAIRES
5 séances avec des horaires pouvant varier de quelques minutes :
Les horaires précis sont déterminés chaque semaine par le Colisée.
Ven 30/01 : 18h - Dim 1/02 : 18h - Lun 2/02 : 14h.
Jeu 5/02 : 16h - Mar 10/02 : 20h échanges après la séance en présence des ADC
SYNOPSIS
Céline arrive pour la première fois en Arménie afin de régulariser la mort d’Arto, son mari. Elle découvre qu’il lui a menti, qu’il a fait la guerre, usurpé son identité, et que ses anciens amis le tiennent pour un déserteur. Commence pour elle un nouveau voyage, à la rencontre du passé d'Arto : invalides des combats de 2020, vétérans de guerre, hantises d’une guerre qui n’en finit jamais. Une femme court après un fantôme. Comment faire pour l’enterrer ? Peut-on sauver les morts ?
SECRETS de TOURNAGE
Tamara Stepanyan a trouvé l'inspiration pour Le Pays d'Arto dans un petit village arménien. Alors qu'elle se tenait dans un paysage dépouillé, une vision s'est imposée à elle : celle d'une femme française en deuil, cherchant à percer le mystère du passé de son mari. Ce cadre a immédiatement évoqué pour Stepanyan la figure d'un époux soldat, écho aux tragédies arméniennes. "Il était pour moi évident que l'époux de cette femme avait été un soldat arménien".
Sur le tournage, de nombreux acteurs arméniens ont été confrontés au défi unique d'apprendre leurs dialogues phoniquement en français ou en anglais. Ne maîtrisant pas la langue, ils ont réussi à perfectionner leur performance en prônant l'écoute et la synchronisation avec leurs partenaires de jeu.
Cette méthode a non seulement influé sur le rythme naturel du film, mais a aussi contribué à établir des échanges authentiques et touchants entre les acteurs.
Le casting du film a été largement influencé par la richesse théâtrale présente en Arménie. Avec une tradition liée à la méthode Stanislavski, les acteurs arméniens comme Shant Hovhannisyan et Babken Chobanyan ont apporté une profondeur unique aux personnages qu'ils jouent dans Le Pays d’Arto. Leur talent, associé à l'histoire du pays, a enrichi la trame de façon certaine, faisant de l’authenticité un pilier central du film.
CRITIQUES
France Info culture :
»Peut-on sauver les morts ?", questionne pour son premier long-métrage de fiction, la réalisatrice Tamara Stepanyan qui nous mène parmi les ruines et les fantômes de sa terre natale : l'Arménie, qu'on appelle aussi ici "Le Pays d'Arto", titre du film à découvrir en salles le 31 janvier 2025.
Nous sommes en 2021, quelques mois après la défaite de l'Arménie dans la guerre sanglante qui l'opposait à l'Azerbaïdjan, en novembre 2020. Française, Céline se rend pour la première fois en Arménie, pays d'origine de son mari, Arto, qui s'est récemment suicidé. Dans le méandre administratif d'un pays traversé par la guerre depuis la chute de l'URSS, elle cherche le certificat de naissance de son mari. Très vite, on lui indique qu'Arto n'a jamais existé, ou du moins pas sous ce nom-là.Céline, impeccablement incarnée par Camille Cottin, s'aventure alors sur des chemins sinueux, marqués par la guerre – celle du passé, celle d'aujourd'hui –, à la recherche de fantômes, jusqu'au Haut-Karabakh, où se concentre le conflit.
Tamara Stepanyan est arménienne. À l'âge de 10 ans, la guerre éclate au Haut-Karabakh. Elle quitte le pays deux ans après avec ses parents. Après avoir étudié au Liban, elle vit aujourd'hui en France.La réalisatrice produit des documentaires depuis plus de dix ans. Elle a filmé déjà l'Arménie à quatre reprises dans ses précédents films, parmi lesquels Mes fantômes arméniens, paru cette année. "J'ai grandi avec des histoires de guerre, celles de ma grand-mère notamment, qui a combattu pendant la Seconde Guerre mondiale, et qui me disait : il y a des choses de la guerre qu'on ne peut pas raconter", nous confie la réalisatrice.
Première fiction, Le Pays d'Arto lui permet de dévoiler son récit d'un pays qui continue de lutter, et avec lui, sa propre galerie de personnages. Il y a Arto qui a dû fuir, la guerre devenant insupportable. Il y a Arsiné, la jeune Arménienne qui lutte de tout son corps, lucide. Il y a Céline, la Française qui sait si peu. "Je pense que je suis plutôt celle qui est partie, comme Arto, mais au fond de moi, j'aurais aimé rester me battre comme Arsiné", raconte, émue, Tamara Stepanyan. "J'ai grandi avec ce désir de revenir me battre pour mon pays. Aujourd'hui, je crois que je combats par les films."
Le Haut-Karabakh, terre de déchirements
Le Pays d'Arto se présente comme une lettre d'amour aux Arméniens, mais aussi à une terre : le Haut-Karabakh. Un territoire devenu le symbole d'une résistance à la fois politique et culturelle. Majoritairement peuplée d'Arméniens, il reste pourtant rattaché administrativement à l'Azerbaïdjan. Il a proclamé son indépendance en 1991, dans le sillage de la chute de l'URSS. L'Azerbaïdjan, qui n'a jamais reconnu cette autonomie, a tenté de la reprendre par les armes dans un conflit qui a fait des centaines de morts. Après avoir reconquis une partie de l'enclave à l'automne 2020, les forces azerbaïdjanaises ont entièrement repris le contrôle de la région lors d'une offensive éclair en septembre 2023. Une opération qui a provoqué la fuite de plus de 100 000 Arméniens.
La patte documentaire de Tamara Stepanyan se lit dans les longs plans contemplatifs sur les paysages montagneux qui défilent derrière Camille Cottin, tantôt verdoyants, tantôt désertiques et arides, dans les montagnes du Haut-Karabakh. Mais aussi dans les silences éloquents, les scènes de vie quotidienne, le sens du détail. Le spectateur, s'il est moins averti que la cinéaste sur l'Arménie et son histoire, marchera dans les pas de Céline, à la découverte d'un récit de guerre encore peu connu en France. Le Pays d'Arto oscille entre récit historique et fable presque mythique, entre le personnel et le politique, et surtout entre l'intime et le pédagogique.
Télérama :
Deux jours : c’est le temps que Céline prévoit de passer à Gyumri, deuxième ville d’Arménie, pour obtenir l’acte de naissance de son défunt mari, Arto. Sauf qu’à l’état civil, il n’existe aucune trace de lui, du moins pas sous son nom officiel… Formidable point de départ, ce mystère conduit la Française à prolonger son voyage pour enquêter sur le cher disparu, jusqu’à s’aventurer dans le Haut-Karabagh, une région marquée par un conflit sans fin avec l’Azerbaïdjan. Un peu théorique et fragile, surtout dans sa deuxième partie, cette fiction de la documentariste Tamara Stepanyan n’en offre pas moins des images superbes d’une contrée peuplée de fantômes. Une poignée de scènes — de route, de rêve ou de pure terreur dans une usine en ruines — et le tandem formé par Camille Cottin et Zar Amir Ebrahimi méritent le coup d’œil. Le Monde :
Le Pays d’Arto, premier long-métrage de fiction de la réalisatrice arménienne Tamara Stepanyan, s’ouvre et se referme sur deux scènes parallèles situées à quelques jours d’intervalle autour de l’été 2021. L’une à bord d’un train, l’autre à l’arrière d’un camion. Céline (Camille Cottin) y est d’abord seule, endormie, puis, dans les derniers instants, les yeux grands ouverts aux côtés d’Arsiné (Zar Amir Ebrahimi). Un cheminement généreux vers l’autre et la vérité qui est aussi celui de ce beau film à la lisière de l’intime et du politique.
Quand le récit s’ouvre, Céline arrive en Arménie sur les pas de son mari, Arto. Celui-ci s’est suicidé quelques mois plus tôt, la laissant démunie avec ses deux enfants dont elle aimerait qu’ils héritent de la nationalité arménienne. Mais impossible de retrouver la trace d’un acte de naissance dans les archives. Il existe bien un Arto qui semble correspondre, mais avec un autre nom de famille. Céline cherche alors à élucider le trouble passé de celui qu’elle a tant aimé.
Stigmates des guerres
Cette quête d’identité l’amène à se familiariser avec l’histoire d’un pays meurtri, dont elle ne sait pas grand-chose. Comme si Arto, une fois en France, avait tenu à se couper de ses racines. « Je suis arménien, je n’ai pas le choix que d’aimer le sang. Nous sommes nés du sang et de la guerre », répond à Céline un homme à qui elle vient tout juste d’expliquer qu’elle est végétarienne.
Les paysages, dont Tamara Stepanyan saisit la beauté, portent en eux les traces de ce passé douloureux. Céline les arpente accompagnée d’un bienveillant chauffeur de taxi puis d’Arsiné, une Arménienne, qui parle le français et la prend sous son aile. Les quartiers de la périphérie de Gumri, autour de l’impressionnante fontaine de fer de l’amitié, n’ont jamais été reconstruits après leur destruction par le tremblement de terre de 1988. Plus loin, plusieurs grands bâtiments touristiques de l’ère soviétique sont de même à l’abandon. Dans le Karabakh, que se disputent l’Arménie et l’Azerbaïdjan, les stigmates des guerres successives sont plus profonds, le territoire morcelé, au cœur d’une lutte sans merci.
Long-métrage hanté par les fantômes, Le Pays d’Arto, dont on regrettera seulement l’apparition pesante de Denis Lavant en berger survolté, met en lumière la mémoire d’un peuple déchiré de l’intérieur par la perte et la culpabilité de la défaite. Tamara Stepanyan filme les cicatrices comme les silences. Tout un processus de deuil que reflètent les tenues de Céline, passant du bleu au gris, au noir puis au violet.
Mais derrière le désenchantement, Le Pays d’Arto est aussi le relais de ceux qui continuent coûte que coûte de se battre pour leur existence. Cette vitalité, la réalisatrice la trouve dans la danse de deux enfants, le chant d’un jeune homme, la combativité d’un vieil homme. Un travail de transmission et de résistance dont on mesure à la fin du film l’importance ainsi que l’urgence.
Bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=63pmJsFb9EU

