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LES FILLES DESIR

jeu. 02 oct.

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LE COLISÉE CARCASSONNE

Drame - France - 1h 33min (16/07/2025) De Prïncia Car Avec Housam Mohamed, Leïa Haïchour, Lou Anna Hamon

LES FILLES DESIR
LES FILLES DESIR

Heure et lieu

02 oct. 2025, 16:00 – 14 oct. 2025, 20:00

LE COLISÉE CARCASSONNE

À propos de l'événement

HORAIRES

5 séances avec des horaires pouvant varier de quelques minutes

Ven 10/10 : 18h30 - Lun 13/10 : 13h45 - Mar 14/10 : 20h45.


SYNOPSIS

Marseille en plein été. À 20 ans, Omar et sa bande, moniteurs de centre aéré et respectés du quartier, classent les filles en deux catégories : celles qu'on baise et celles qu'on épouse. Le retour de Carmen, amie d’enfance ex-prostituée, bouleverse et questionne leur équilibre, le rôle de chacun dans le groupe, leur rapport au sexe et à l’amour.


CRITIQUES

France Info Culture :

Les Filles désir est avant tout une histoire de collectif. D'abord, au niveau de sa conception, le film étant co-écrit par la réalisatrice Prïncia Car, qui a fondé en 2018 une école alternative de cinéma à Marseille, et par les jeunes acteurs non-professionnels, membres d'une troupe qui réalise depuis de nombreuses années des courts-métrages et des clips.

Mais l'esprit de groupe, c'est aussi le cœur du récit. Les Filles désir, en salles mercredi 16 juillet, raconte la vie d'Omar et de ses amis, animateurs dans un centre aéré. Le quotidien de la bande et son équilibre vont être bousculés par le retour inattendu de Carmen, l'ancienne meilleure amie d'enfance d'Omar, et ex-prostituée.

Au centre de la narration, plusieurs thèmes et questionnements se lient et se complètent. Comment connaître nos désirs et nos rêves ? Sommes-nous libres ou enfermés dans une société qui ne sait que juger et oppresser ? Ces interrogations qui animent la vie de ces jeunes, fraîchement adultes, sont captées par une caméra qui s'approche au plus près des protagonistes. Une véritable plongée dans leurs réflexions.

La culture masculine, celle où l'homme domine avec sa force, son besoin de posséder et celui d'être respecté, est omniprésente. Ce système de valeur sera bousculé par le retour de Carmen, questionnant les jeunes hommes sur leur rapport aux femmes et à la sexualité.

Personnage central, Omar est le chef de bande, celui qui décide de ce que l'on fait, de ce que l'on pense, et de comment l'on se comporte. Lui aussi est perdu dans ses désirs contraires, attiré par Carmen depuis son retour et exerçant sur elle une certaine autorité qu'elle lui reproche, mais voulant aussi, au même moment, se marier et construire un avenir commun avec sa copine. "Je ne sais pas ce qui est le bien et ce qui est le mal", se demande-t-il.

Prïncia Car a tourné dans les lieux de vie des jeunes acteurs pour retrouver l'authenticité du quartier et la complicité naturelle des comédiens entre eux. La ville de Marseille, montrée solaire et à rebours des clichés sombres associés au quartier, devient un protagoniste. La lumière, d'une beauté à couper le souffle, se reflète dans les yeux de ces adolescents qui se regardent, s'aiment et se cherchent.

Les Filles désir est un film d'apprentissage, de ses envies d'abord, de ses désirs (amoureux ou sexuels) ensuite et de son corps enfin. Tout est une question de trouver son rythme, de ne pas griller les étapes de notre vie en s'enfermant trop tôt dans des schémas nocifs et précoces. La fin du récit, résolument positive et poétique, prend du temps à arriver, mais ne déçoit pas. Les notes de piano, qui accompagnent à deux reprises des scènes d'amusements et de bonheur entre amis, retentissent une dernière fois, avant que le titre Les Filles désir de la chanteuse Vendredi sur Mer ne résonne dans les rues de Marseille.

Libération :

«Ça sert à rien, pourquoi courir ? Il y en a plein des filles désir…» Pas grave si l’on n’a jamais su ce que le refrain parlé-susurré de la chanteuse pop Vendredi sur Mer voulait dire par là. On l’a déjà chanté avec elle, tout comme Prïncia Car sans doute, autrice d’un premier long métrage où ces paroles appartiennent à tout le monde. C’est quoi du coup, une fille désir ? La réalisatrice, fondatrice d’une école alternative de cinéma à Marseille où elle encadre aussi des ateliers de théâtre, s’est posé la question avec la troupe de jeunes comédiens qui l’accompagne depuis huit ans de création collaborative. Le film puise dans leur naturel de gens de 20 ans (Housam Mohamed, Leïa Haïchour, Lou Anna Hamon, beaux comme tout), saisi au vol par une caméra qui ne veut pas en perdre une goutte.

C’est l’été des dalles d’immeubles qui chauffent, baignades en bande, sorties à la fête foraine. A la fin de ce récit d’initiation plein soleil, qui vire du doux à l’amer, un triangle amoureux s’est déréglé, la cruauté du désir a fait son travail, et semé le doute dans le système de valeurs très réglé, très mâle du cercle d’amis, instrument de contrôle discret de la sexualité des filles.

C’est facile au début, Yasmine est la fille respectable, Carmen la tentatrice, Omar, un pilier de quartier respecté et moniteur d’un centre aéré qui soude tout le monde. Sa gentillesse d’homme marshmallow nous fait l’aimer comme le héros qu’il semble être : ce mec fou amoureux de Yasmine, bonne à épouser, qui ne lui envoie jamais rien de moins chaste que des selfies avec ses doudous. Mais il est aussi troublé par Carmen, copine d’enfance sortie de la prostitution, méprisée par les mêmes qui la bouffent des yeux.

Pas si fréquent, le thème du machisme bienveillant, ou du gentleman oppressif, fait cogiter le film avec intensité. Ça devient plus calculé, (jusqu’au final sororal cheveux au vent), comme un coup bas du scénario, quand le mascu romantique est rétrogradé au rang de personnage à déconstruire, celui à qui le film doit apprendre une bonne leçon. C’est sur son dos que s’organise la réconciliation de la maman et la putain, la fille-doudou et la cagole, à l’étroit dans leurs cases respectives. Les deux, nous dit Prïncia Car, ont des choses à se dire. Ou un revenge movie à jouer ? Ça s’appellerait «les filles désirent».

Télérama :                                                                                                                                ls ont la vingtaine, un charisme de tous les diables, la peau brune et dorée, le sens de la tchatche. Ils se baignent dans la lumière crue du soleil marseillais, traînent au bord de l’eau ou au pied des tours de leur cité, draguent pour rire dans une fête foraine, s’amusent, s’embrouillent, se cherchent…


D’abord, Prïncia Car, dont c’est le premier long métrage (découvert à la Quinzaine des cinéastes du Festival de Cannes), semble nous présenter l’une de ces bouillonnantes bandes de potes comme le cinéma en a déjà cueilli beaucoup. Pourtant, dans ce beau film qu’elle a développé sur des années au sein d’un collectif avec ses jeunes interprètes vifs et doués (et codialoguistes), rien ne se passe comme prévu. Omar — l’élément fort et respecté du clan, incarné tout en nuances par le formidable débutant Housam Mohamed — et les autres s’investissent dans leur boulot de moniteurs, dans un centre aéré, avec une tendresse qui, dès la scène inaugurale, très forte, déjoue les poncifs socio-folkloriques. Ce n’est que le début : la réapparition de Carmen, une copine d’enfance tombée dans la prostitution, va venir déranger les préjugés de ces gaillards qui ne tolèrent qu’une seule fille « bien » dans leur bande, Yasmine, la petite amie d’Omar.

Femme fatale, victime, princesse du caniveau, bonne à marier, maman ou putain : avec beaucoup de finesse, d’une scène forte à l’autre, la réalisatrice observe ses deux héroïnes se libérer peu à peu des caricatures qu’on a conçues pour elles. Carmen et sa détresse bien planquée derrière ses vannes bravaches et ses tenues provocantes. Yasmine et son flegme, ses rondeurs faussement sages. Interprété par des novices bluffantes de vérité (on rêve d’une belle carrière pour Lou Anna Hamon et Leïa Haïchour, tant elles crèvent l’écran), ce solide duo de « filles désir » ne perturbe pas qu’Omar, tiraillé entre deux idées de l’amour et de la sexualité. Il désorganise tout un système de relations, dans cette rigide micro-société de jeunes mâles. D’une humanité subtile, le naturalisme du film est magnifié par la photographie aux couleurs chaudes, éclatantes, de Raphaël Vandenbussche, où Marseille — nom féminin — échappe elle aussi aux clichés avec une joyeuse puissance.

Bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=TCnQGXouAPo




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