LOVE ME TENDER
ven. 02 janv.
|LE COLISÉE CARCASSONNE
Drame - France - 2h13 (10/12/2025) De Anna Cazenave Cambet Avec Vicky Krieps, Antoine Reinartz, Monia Chokri


Heure et lieu
02 janv. 2026, 18:00 – 13 janv. 2026, 20:00
LE COLISÉE CARCASSONNE
À propos de l'événement
HORAIRES
5 séances avec des horaires pouvant varier de quelques minutes :
Les horaires précis sont déterminés chaque semaine par le Colisée.
Ven 2/01 : 18h30 - Dim 4/01 : 18h30 - Lun 5/01 : 14h.
Jeu 8/01 : 15h55 - Mar 13/01 : 20h35 échanges après la séance en présence des ADC
SYNOPSIS
Une fin d’été, Clémence annonce à son ex-mari qu’elle a des histoires d’amour avec des femmes. Sa vie bascule lorsqu'il lui retire la garde de son fils. Clémence va devoir lutter pour rester mère, femme, libre.
Librement adapté de l’ouvrage de Constance Debré (Editions Flammarion, 2020).
SECRETS de TOURNAGE
Le film s’inspire du roman de Constance Debré, "Love Me Tender", paru en 2020. Anna Cazenave Cambet raconte avoir eu un "électrochoc" à sa lecture, qui s’est produite pendant une période où elle venait elle-même de devenir maman. Cette connexion personnelle forte a stimulé son engagement dans le projet, les thèmes du roman résonnant puissamment avec ses propres expériences et questionnements.
La collaboration avec Debré a été organique, l'auteure ayant vu et apprécié les précédentes œuvres de Cambet, ce qui a scellé leur partenariat pour porter cette histoire à l'écran.
La conception des costumes de Clémence s'est faite dans une approche minimaliste, révélant son évolution à travers des tenues rigoureusement choisies. "Au final, Clémence n'a droit à rien de plus que deux jeans, trois débardeurs, quatre t-shirts", explique Anna Cazenave Cambet.
Cette garde-robe épurée a permis à Vicky Krieps d'incarner un personnage dont la transformation intérieure se reflète subtilement par ses vêtements, enrichissant ainsi sa profondeur psychologique à l'écran.
La réalisatrice confie : "Je cherchais un enfant qui n’était pas poussé par ses parents, placé dans tous les castings, et qui avait envie de jouer, au sens premier. C’était le cas pour Viggo Ferreira-Redier. Il est musicien et fait de la guitare basse dans un collège aménagé."
CRITIQUES
Télérama :
Quand le film débute, voilà déjà trois ans que Clémence (Vicky Krieps) a fait table rase. Quitté son vaste appartement haussmannien pour une studette pas coquette ; la robe d’avocat pour une paire de jeans ; le confort grand-bourgeois pour la dèche d’une écrivaine débutante ; et Laurent (parfait Antoine Reinartz), son mari depuis vingt ans, pour d’autres histoires. « Avec des femmes », lui confie-t-elle un jour de soleil, en terrasse, sans voir que ce toujours époux qui lui ressemble comme un frère (même milieu, mêmes chemises) en avale son champagne de travers. Clémence veut un divorce, elle aura la guerre, une guerre sale, d’usure, dont leur fils, Paul (Viggo Ferreira-Redier), 8 ans, instrumentalisé par l’amer abandonné, devient à la fois l’arme imparable et la première victime.
Qui a lu le roman de Constance Debré, paru en 2020, connaît la suite. Jusque-là en garde alternée, le garçon refuse subitement de voir sa mère. Elle patiente des mois durant, puis c’est le séisme : son ex l’accuse d’inceste et de pédophilie — cette lesbienne dissolue ne possède-t-elle pas des œuvres sulfureuses, comme "Fou de Vincent", d’Hervé Guibert ? — et réclame la garde exclusive de Paul. Expertise psychiatrique, visites médiatisées, non-représentation d’enfant et mains courantes : à l’instar du livre, le deuxième long métrage d’Anna Cazenave Cambet (après De l’or pour les chiens, en 2021) chronique un conflit calé sur le temps long de la justice.
Adaptation inspirée, réussie, en dépit de quelques longueurs et afféteries superflues si l’on songe à la précision sèche de Debré, Love Me Tender offre à Vicky Krieps un rôle dont elle tire le meilleur, tout en discipline et charme à épines. Tout en égoïsme, aussi, du moins au prisme de l’éternelle rengaine de la « mère courage », naturellement sacrificielle, prête à endurer mille morts pour son fils, sa bataille. Or Clémence refuse de rentrer dans le rang ou de tomber au champ du patriarcat. Dépouillée de pathos, d’une simplicité aveuglante sous la lumière d’été, la conclusion du récit se révèle plus déchirante encore à l’écran qu’à l’écrit.
Le Monde :
Voilà un film puissant pour le tabou qu’il soulève – une mère qui fait le deuil de son enfant dont on lui a retiré la garde –, mais qui laisse mi-figue mi-raisin. Dans Love Me Tender, deuxième long-métrage d’Anna Cazenave Cambet, adapté du roman éponyme de Constance Debrè (Flammarion, 2020), ce n’est pas le fond qui est en cause, mais la forme, trop martelée, guidant le spectateur sur la piste cyclable entre l’Est parisien, où s’est installée Clémence (Vicky Krieps), et la très chic place Dauphine (1er arrondissement) où vit son ex, Laurent (Antoine Reinartz), avec leur petit garçon, Paul – l’excellent Viggo Ferreira-Redier est aussi convaincant dans ses colères que dans l’attachement qu’il manifeste pour Clémence.
Dans le genre fourbe et manipulateur, le père manœuvre pour enlever la garde de l’enfant à son ex, sous prétexte que celle-ci mènerait une mauvaise vie. Elle est devenue lesbienne – « Je suis passée aux filles » –, a quitté sa robe d’avocate pour écrire des romans (dans une veine autofictionnelle et crue), et change régulièrement d’appartement faute de revenus stables. L’affaire est réglée fissa, l’avocat de Laurent la juge, faisant les gros yeux à Clémence, la mine défaite. Mais en filmant continuellement l’actrice l’œil humide, voire sonnée, la réalisatrice sursollicite l’émotion du spectateur et donne l’impression que l’héroïne se laisse abattre, alors qu’elle est avocate de métier. Quant à Antoine Reinartz, sa partition est vite expédiée : en quelques scènes, l’acteur volubile se trouve réduit à débiter ses phrases pleines de fiel. Trop méchant pour être vrai, du moins dans le film.
Toujours est-il que Clémence est mise sur la touche, la justice ne lui accordant qu’un droit de visite restreint, en présence d’une médiatrice (l’excellente Aurélia Petit). Celle-ci est suffisamment honnête pour mesurer la complicité qui existe entre cette mère et son fils – ce sont les scènes les plus justes et bouleversantes, le montage captant ces petits riens qui disent l’amour. Logiquement, le sort de Clémence devrait s’améliorer, mais son ex s’acharne tellement qu’il réussit à éloigner Paul de sa mère – qu’un parent puisse à ce point asphyxier son ex, comme si la loi était impuissante, laisse pantois.
Répétition des plans
Clémence navigue ainsi entre ses différentes vies, la voix off donnant à entendre des extraits de son roman, et donc ses états d’âme : les rendez-vous avec son fils, les rencontres avec des femmes (filmées comme des clips), l’écriture, l’entraînement à la piscine (que de longueurs dans le bassin). La réalisatrice prend cette routine à la lettre, faisant tourner la manivelle, sexe, sport, retrouvailles avec Paul. On a le sentiment que Vicky Krieps est entrée dans un costume préparé pour elle, sans réussir vraiment à l’étoffer. Anna Cazenave Cambet la filme comme un «lonesome cowboy», toujours en jean et en débardeur, la répétition des plans finissant par produire un cliché.
Présenté à Un certain regard, à Cannes, le film a l’élégance de laisser une question ouverte : Clémence décide-t-elle réellement de renoncer à son enfant ? Ou bien est-ce son ex qui l’a eue à l’usure, en lui refusant la possibilité d’être une mère et une femme libre, sans attache ? Après avoir tant souffert de l’absence de son fils, la « quadra » a besoin de tirer un trait sur ce passé, pour continuer de respirer. D’autres femmes se seraient peut-être battues davantage. La subversion se tient là, chez Clémence, dans ce choix de lâcher l’affaire. Un beau plan silencieux nous terrasse, rue de Belleville, où l’héroïne à vélo explique, en voix off, que, de toute façon, le lien avec son fils s’est distendu – « On ne sait plus quoi se dire. » A ce moment-là, la mise en scène réussit à transmettre la violence inouïe infligée à cette femme.
Première :
Anna Cazenave Cambet s’empare de ce récit intime tout en conservant toute la puissance émotionnelle qui vous tord le ventre devant l’injustice vécue par cette femme. Grâce à la force du texte bien sûr. Grâce à l’intelligence de la cinéaste de ne pas avoir eu peur de faire long et d’avoir compris que la durée constitue un élément central de la manière dont on vit comme spectateur le combat de son héroïne. Mais aussi et surtout grâce à Vicky Krieps .
Bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=XMtxCqUTdyo
