top of page

LUMIERE PALE SUR LES COLLINES

jeu. 30 oct.

|

LE COLISÉE CARCASSONNE

Drame - Japon - 2h03 ( 15/10/2025) De Kei Ishikawa Avec Suzu Hirose, Fumi Nikaidô, Yoh Yoshida Titre original Tōi Yama-nami No Hikari

LUMIERE PALE SUR LES COLLINES
LUMIERE PALE SUR LES COLLINES

Heure et lieu

30 oct. 2025, 16:00 – 10 nov. 2025, 14:00

LE COLISÉE CARCASSONNE

À propos de l'événement

HORAIRES

5 séances avec des horaires pouvant varier de quelques minutes :

Les horaires précis sont déterminés chaque semaine par le Colisée.

Jeu 30/10 : 15h50 - Ven 31/10 : 18h20 - Mar 4/11 : 20h30 échanges après la séance en présence des ADC

Dim 9/11 : 18h20 - Lun 10/11 : 13h45 .


SYNOPSIS

Royaume-Uni, 1982. Une jeune anglo-japonaise entreprend d’écrire un livre sur la vie de sa mère, Etsuko, marquée par les années d’après-guerre à Nagasaki et hantée par le suicide de sa fille aînée. Etsuko commence le récit de ses souvenirs trente ans plus tôt, lors de sa première grossesse, quand elle se lia d'amitié avec la plus solitaire de ses voisines, Sachiko, une jeune veuve qui élevait seule sa fille. Au fil des discussions, l’écrivaine remarque une certaine discordance dans les souvenirs de sa mère… les fantômes de son passé semblent toujours là - silencieux, mais tenaces.

D’après le roman de Kazuo Ishiguro - Lauréat du prix Nobel de littérature.


SECRETS de TOURNAGE

Ce film est présenté en sélection Un Certain Regard au Festival de Cannes 2025.


CRITIQUES

Le Monde :

Allongée sur son canapé et tout juste éclairée par la lumière diffuse d’une lampe d’appoint, Etsuko (Yoh Yoshida) apparaît à l’écran plongée dans le sommeil. La caméra cadre son visage alors qu’elle ouvre les yeux, le cœur haletant, rattrapée par un chagrin. A quoi pouvait-elle bien rêver ? De cette demeure occidentale, on bascule ensuite en journée dans un intérieur japonais, à Nagasaki, en 1952. Etsuko (Suzu Hirose), enceinte de son premier enfant, est une femme au foyer dévouée qui fantasme sur les images de vedettes hollywoodiennes.

Tout Lumière pâle sur les collines, adaptation par le réalisateur Kei Ishikawa (A Man, 2024) du premier roman de Kazuo Ishiguro (Gallimard, 1984), se joue dans ce va-et-vient constant entre deux continents et deux époques, l’Angleterre des années 1980 et le Japon des années 1950, entre la réalité et la rêverie, dans un contraste de bleu et de jaune qui traverse chaque segment.

Cette bipolarité faite de nombreux jeux d’oppositions, d’échos et de miroirs se construit aussi autour de duos féminins. A l’époque contemporaine, Etsuko reçoit la visite de Niki (Camilla Aiko), sa fille cadette issue d’une deuxième union, qui a un projet d’écriture secret autour de Nagasaki. Dans les années 1950, Etsuko se lie avec sa voisine Sachiko (Fumi Nikaido), une mère célibataire décriée qui rêve de quitter le pays avec son amant, un soldat américain en mission au Japon.  Lumière pâle sur les collines est affaire de reconstructions. Le réalisateur Kei Ishikawa s’intéresse à des survivants de catastrophes survenues à des différentes échelles, dont il ausculte les ramifications. Dans les années 1950, à Nagasaki, la seconde guerre mondiale et les bombardements atomiques américains sont encore dans toutes les têtes, alors que la vie retrouve son cours normal. Et, trente ans plus tard, dans la campagne anglaise, Etsuko se relève tout juste du récent suicide de sa fille aînée, Keiko, qu’elle a emmené vivre en Angleterre avec elle avant de construire un nouveau foyer. On comprend très vite que la greffe familiale ne s’est pas faite et que Niki a toujours eu une relation distante avec sa demi-sœur décédée.

Télérama : .                                                                                                                                  Nagasaki 1952. Lors d’un bel été où tout semble si paisible dans cette ville qui, pourtant, a connu la tragédie atomique à peine sept ans auparavant, la douce Etsuko sert un petit déjeuner à son mari, pendant qu’il commente un article du journal sur un violent fait divers : un troisième enfant a été retrouvé étranglé avec une cordelette, « de l’autre côté de la rive ». La violence n’est pas loin, et elle est proche, aussi : quand l’époux peine à saisir son bol de riz, on remarque sa main atrophiée… Etsuko attend un bébé, elle semble heureuse auprès de cet homme peu affectueux, mais, tout de même, petite curieuse, petite rêveuse qui, dans une malle, collectionne des photos d’actrices américaines, elle ne peut s’empêcher de se lier d’amitié avec Sachiko, une mystérieuse voisine, veuve, et qui élève seule sa fille un peu spéciale et sauvage…

Toutes ces images et ces personnages à l’écran, c’est le récit de cette même Etsuko, telle qu’on la retrouve dans la campagne anglaise, en 1982. Puisqu’elle s’apprête à vendre sa magnifique maison (avec jardin japonais), sa fille cadette, née en Angleterre et apprentie écrivaine, l’a pressée de lui raconter, enfin, ce qui s’est passé, trente ans auparavant, à Nagasaki. Pourquoi et comment elle a quitté le Japon. Après avoir éludé, hésité, Etsuko, finit, donc, par se livrer, mais plus elle évoque les fantômes de son passé, plus ses souvenirs semblent réinventés, et ils ne collent pas avec de vieilles photos cachées dans la « chambre du fond », celle où sa fille aînée s’est suicidée…

Un récit bouleversant entre passé recomposé et présent

Vous aimez Proust et les mélos de Douglas Sirk ? Ce film d’une beauté aussi lumineuse que mélancolique est pour vous. Parfaite adaptation du premier roman de Kazuo Ishiguro (Prix Nobel de littérature en 2017), il traite du souvenir comme d’une matière ondoyante, et si douloureuse qu’il faut user de subterfuges, de romanesque, pour pouvoir le supporter, et le partager. C’est ainsi, grâce à une narration en forme de puzzle — aux pièces impressionnistes qui s’emboîtent, ou pas, toujours à la lisière de la poésie et de l’étrangeté — et une mise en scène d’une pudeur infinie, que l’on apprend la vérité. Etsuko est une survivante de Nagasaki. Derrière son visage d’une grâce nacrée : le courage, la capacité d’espérance et de se réinventer…

La nature et la vie sont censées reprendre leurs droits, mais les traumatismes physiques et psychologiques engendrés par la bombe persistent à bas bruit, dans les chambres conjugales et les herbes hautes, au bord de la rivière. Les irradiations ont brûlé les bras des petites filles et peut-être leur esprit. Leur bonheur restera, à jamais, enfermé dans des boîtes, et certains anciens, eux, comme le beau-père d’Etsuko, ne se remettent pas d’avoir cru au militarisme japonais. Mais les femmes, elles, jeunes mères au menton fier, savent qu’il faut regarder vers l’avenir, même incertain et pâle, comme dans la plus belle image du film. On y voit les deux sublimes actrices, Suzu Hirose (Etsuko) et Fumi Nikaidô (Sachiko), côte à côte, mais ne faisant qu’une, sur un pont, face à un panorama rosée, telles des stars hollywoodiennes des années 1950, nimbées de Technicolor. Un instantané de résilience féminine dont la magnificence est impossible à oublier.

Positif :

Les fantômes de la bombe atomique, la société japonaise d’après-guerre, la sororité féministe, la culpabilité parentale, les secrets de famille, les secrets qui font famille, traversent ce film élégant, porté par des actrices virtuoses.

Libération :

Tout comme le drame intime au cœur de A Man, précédent film du Japonais Kei Ishikawa, avançait déguisé sous les atours d’un polar, Lumière pâle sur les collines abrite un gouffre plus profond que le portrait familial annoncé. Le cinéaste s’attaque cette fois à un roman de l’auteur nobélisé Kazuo Ishiguro, connu notamment pour les Vestiges du jour. Ancré dans les années 80, le récit gravite autour d’Etsuko, femme sexagénaire immigrée au Royaume-Uni. Sa fille aînée a récemment mis fin à ses jours, étreinte par un profond mal du pays. Sa cadette Niki, cherchant à renouer avec sa mère autant qu’à faire la lumière sur les raisons du suicide, questionne Etsuko sur le Japon d’après-guerre. S’ensuivent de longs flash-back, où celle-ci se replonge dans le Nagasaki des années 50, prête à révéler peut-être les raisons de son départ pour l’Occident, et donc l’origine du déracinement qui ronge sa famille.

Ces séquences au passé se concentrent sur la relation nouée avec Sachiko, une voisine solitaire. Le tandem cristallise deux visages du pays, encore tremblant de l’impact des bombes atomiques : alors qu’Etsuko trace sa route dans une cité reconstruite comme si de rien n’était, Sachiko paraît enfouir un traumatisme. Sa maison jouxte une zone irradiée et encore inhabitable, foyer d’une atmosphère pesante.

Sous les décors de carte postale – à l’artificialité soulignée par des couleurs ou des effets visuels irréels – sommeille la mémoire de la catastrophe. Il suffit d’une trouée de lumière dans le ciel ou d’une bourrasque dans les arbres pour balayer la fausse quiétude de la ville ressuscitée, et rappeler l’éclat lumineux ou le souffle de la bombe. Les plus belles scènes du film parviennent à tirer des réminiscences tragiques de ces scènes de vie anodines, comme quand le son d’un violon, couplé à un soleil aveuglant, ravive un souvenir d’Etsuko, qui donnait un cours de musique au moment fatidique.

Ce trouble, plutôt finement distillé, bute malheureusement contre les retours réguliers au récit-cadre situé trente ans plus tard. Le film tente de raccrocher les wagons entre la peinture historique et le deuil des personnages au présent. Mais ces séquences s’apparentent vite à des blocs d’expositions, qui désamorcent la tension flottante des flash-back. Ce que la mise en scène retranche d’une part derrière une élégance sobre, l’écriture compense de l’autre par des dialogues explicatifs à la littéralité affolante. Les réussites localisées du film disparaissent sous la lourdeur de son appareillage narratif, jusqu’à un twist final, certes hérité du roman, mais qui confirme surtout l’épaisseur du scénario. Espérons que Kei Ishikawa retrouve une forme d’épure, plus propice à laisser éclore son art feutré de l’ambiguïté.

Première

En choisissant la clarté sans renoncer à la délicatesse, Lumière pâle sur les collines trouve son équilibre : un cinéma pudique, hyper élégant et mélancolique, où la mémoire est une lumière fragile qui éclaire et réchauffe un peu les souffrances.

Franceinfo Culture

Ce très beau film, pudique et impressionniste, en plus de dresser le portrait d'une femme, de son histoire intime, et à travers elle celle du Japon, nous invite à réfléchir sur la mémoire et sur la vérité.


Bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=XIS4HWjOPKk




Partager cet événement

bottom of page