MON GRAND FRERE ET MOI
jeu. 25 juin
|LE COLISÉE CARCASSONNE
Comédie dramatique - Japon - 2h07 (6/05/2026) De Ryôta Nakano Avec Kô Shibasaki, Joe Odagiri, Hikari Mitsushima Titre original Ani wo mochihakoberu saizu ni


Heure et lieu
25 juin 2026, 16:00 – 06 juil. 2026, 14:00
LE COLISÉE CARCASSONNE
À propos de l'événement
HORAIRES
5 séances avec des horaires pouvant varier de quelques minutes :
Les horaires précis sont déterminés chaque semaine par le Colisée.
Jeu 25/06 : 16h - Mar 30/06 : 20h (tarif 5€ Fête du Cinéma)
Ven 3/07 : 18h - Dim 5/07 : 18h - Lun 6/07 : 14h.
SYNOPSIS
Entre Riko et son frère aîné, rien n’a jamais été simple. Même après sa mort, il continue de lui compliquer la vie : une pile de factures, des souvenirs embarrassants… et un fils ! Aux côtés de son ex-belle-sœur, elle traverse ce capharnaüm entre fous rires et confidences, et redécouvre peu à peu un frère plus proche qu’elle ne l’aurait cru.
SECRETS DE TOURNAGE
Mon grand frère et moi est adapté de l’essai autobiographique Ani no Shamai de l’écrivaine Riko Murai.
Le film a été présenté dans un grand nombre de festivals, notamment asiatiques, en 2025. En France, il a été mis à l’honneur lors de l’édition 2026 des Saisons Hanabi.
Si jusqu’à présent, Ryôta Nakano filmait la famille en adoptant le point de vue des enfants, comme dans Her Love Boils Bathwater (2016) ou dans son dernier long-métrage, La famille Asada (2020), Mon grand frère et moi marque un tournant dans sa filmographie puisqu’il filme surtout ici le point de vue des parents. Un virage qui n’a rien d’anodin puisqu’il correspond à ce moment où le réalisateur est devenu père dans la vraie vie.
Comme c’était déjà le cas dans La famille Asada (2020), Ryôta Nakano évoque de nouveau dans Mon grand frère et moi, le souvenir traumatisant du séisme de l’Est du Japon, le 11 mars 2011. Une catastrophe qui a profondément marqué le cinéaste et qu’il avait pu exprimer à sa manière dans son précédent long-métrage. Dans son nouveau film, le personnage du frère a déménagé dans la ville de Tagajō, dans la préfecture de Miyagi, une région qui a été gravement touchée. Avant le tournage, le réalisateur s’est d’ailleurs rendu sur place pour effectuer des repérages et réaliser des interviews.
CRITIQUES
Le Point :
Qui a aimé La Famille Asada (2020), formidable épopée familiale entre rire et larmes, ne peut que tomber sous le charme de Mon grand frère et moi, le nouveau film du très doué Ryôta Nakano. Il s’agit d’une histoire a priori douloureuse – la vie après la mort d’un grand frère très aimé –, et pourtant la drôlerie est au rendez-vous. (Florence Colombani)
Liberation :
Dans Mon Grand Frère et Moi, Ryôta Nakano applique la même formule que dans la Famille Asada, comédie douce-amère elle aussi tirée de faits réels, qui avait connu un certain succès en 2020 : un décès dans une famille va permettre de rafistoler des liens filiaux ou fraternels distendus, avec l’art comme dernière couche de vernis unificateur. Le cadet des Asada était photographe, l’héroïne de Mon Grand Frère et Moi est autrice, notamment d’un essai autobiographique dont le film est adapté.
Riko Murai, la quarantaine ronronnante et dépassionnée, y reçoit l’annonce de la mort de son frère aîné – une nouvelle a priori tragique, mais qui sonne pour elle comme une banale contrainte d’emploi du temps. Riko doit quitter sa bulle pour aller mettre de l’ordre dans les affaires de ce loser qui enchaînait depuis des années les mensonges minables pour soutirer à leur mère de quoi vivre. Heureusement, pense Riko, une fois dans l’urne, le fauteur de troubles sera «facile à transporter».
Les quelques jours que l’écrivaine passe, en compagnie de l’ex-femme de son frère, à organiser les obsèques semblent donc dessiner un anti-film de deuil, qui substitue au chagrin de l’héroïne son indifférence teintée de ressentiment pour le défunt, tête à claques égoïste dont chaque apparition en flash-back hérisse le poil. Le film en tire quelques gags (Riko oublie sa tenue de deuil, feint une envie pressante pour s’éclipser du rituel funéraire), mais lève bien vite le pied. Malheureusement, il n’y a pas une once de cruauté chez Ryôta Nakano, qui entreprend, notamment au travers de dialogues imaginés par Riko avec le fantôme de son frangin, une poussive entreprise de réhabilitation – il n’était finalement pas si mauvais, cet amusant bougre qui ruinait sa mère et faisait de l’ombre à sa sœur timide.
Un seul point d’orgue envisageable
L’idée de retrouvailles post-mortem serait intrigante si elle ne servait pas une démonstration si académique, elle-même portée par une mise en scène dévitalisée. Que le frère soit déjà dans la tombe n’empêche pas le film de suivre un programme feel good des plus attendus : pardon, réconciliation, et restauration du sacro-saint lien familial comme seul point d’orgue envisageable. En début de film, une lectrice demande à Riko, pendant une dédicace, ce que représente pour elle cette vague idée de «famille». Silence gêné, qui mettra tout le film à être dissipé au profit d’une réponse sans saveur : «C’est un refuge, pas un fardeau.»
Refuge, voilà qui résume bien l’horizon d’un grand nombre de productions nippones distribuées à l’international, auxquelles Mon grand frère et moi ne fait pas exception. Exemplaire plus que remarquable dans cette litanie de drames feutrés triés sur le volet pour nos yeux d’otakus hexagonaux, Ryôta Nakano a au moins le mérite de ne pas se complaire dans les poncifs de la carte postale du Japon (il permet d’ailleurs de découvrir l’étonnante cérémonie d’extraction des os post-crémation). Il n’échappe pas en revanche à une autre forme de cliché, celui de l’album de famille désuet.
Télérama :
Le réalisateur de La Famille Asada (2020) aborde les curieuses spécificités de la sensibilité japonaise avec ce film inspiré par un récit autobiographique de l’autrice Riko Murai. Apprenant la mort de son frère, celle-ci n’avait accepté qu’à contrecœur de se charger des funérailles, qui devinrent pourtant pour elle une expérience personnelle intense, pleine de surprises… Il y en a beaucoup pour nous aussi, spectateurs occidentaux, face à ce drame qui s’autorise des passages par la comédie et évoque, entre les lignes, la place difficile de la sœur dans une fratrie japonaise. Une histoire familiale exotique racontée à travers des scènes modestes mais nourries par une observation subtile, spirituelle.
Le Monde :
Le réalisateur japonais Ryota Nakano a dû attendre son cinquième long-métrage, La famille Asada (2023), pour enfin trouver le chemin des salles françaises. Avec un succès public à la clé puisque le film – il est inspiré de l’histoire vraie d’un photographe à l’univers loufoque qui, après le tsunami de 2011, pour en sauver la mémoire, se lance soudain dans le sauvetage de photos égarées – avait alors cumulé plus de 250 000 entrées. Son nouveau film creuse le même sillon familial mais sur un ton plus grave, malgré la persistance d’un goût affirmé pour la légèreté.
C’est à une histoire de deuil que nous convie Mon grand frère et moi. Celui que traverse Riko Murai (Ko Shibasaki), écrivaine à succès, après le décès de son frère aîné (Joe Odagiri), avec qui elle avait coupé tout contact depuis plusieurs années. Indifférente à l’annonce de sa disparition, la voilà surtout bien tracassée de devoir prendre quelques jours pour aller s’occuper de sa dépouille et remplir les formalités imposées par l’événement. Ce séjour loin de la famille qu’elle a construit va pourtant lui permettre de revisiter son passé.
Différentes facettes.
Pour comprendre comment cette dynamique s’est brisée quelques années plus tôt, Ryota Nakano nous renvoie, en quelques flash-back, à l’enfance des personnages. Laquelle éclaire les déficiences des parents, l’attention privilégiée dévolue au fils, la solidarité, malgré tout, entre la sœur et le frère. Puis des épisodes plus récents montrent la façon dont l’incompréhension a grandi et le lien s’est abîmé. Le portrait de l’aîné disparu se dessine aussi à travers l’image qu’en livrent ceux qui l’ont connu. A commencer par son ex-femme, Kanako (Hikari Mitsushima), son fils ou son dernier propriétaire.
C’est l’aspect le plus passionnant du film, qui creuse l’identité comme une grande matière mouvante. Chacun conserve sa propre image du défunt, offrant différentes facettes pas toujours conciliables. D’abord très à charge – homme violent, menteur, cupide –, le tableau de l’intéressé gagne en épaisseur à mesure que le récit avance, se pare de nuances et de complexités insoupçonnées. En écho à l’activité de Riko, mise en exergue par la présence de nombreux écrits à l’écran, le film, grâce à une approche très descriptive, procède à une réécriture du passé. Celle-ci, à défaut d’atteindre une vérité impossible, parvient à en donner une image un peu plus juste. Encombré de quelques relents conservateurs sur la répartition des rôles entre les hommes et les femmes, Ryota Nakano est moins convaincant dans sa volonté de représenter le frère disparu comme une projection de ceux qui restent, offrant quelques scènes maladroites, voire un peu mièvres. La fantaisie du film paraît par moments un peu forcée, même si la légère désinvolture avec laquelle le cinéaste traite la mort demeure réjouissante. Alors, le disparu offre un dernier présent aux vivants, permettant à chacun de redéfinir le mot « famille ». Pour Riko, si attentive au soin accordé aux autres, le fardeau sera devenu refuge.
Bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=VD0BgLzNhWY
