PERLA
jeu. 04 sept.
|LE COLISÉE CARCASSONNE
Drame - Autriche - 1h50 (30/07/2025) De Alexandra Makarová Avec Rebeka Poláková, Simon Schwarz, Carmen Diego


Heure et lieu
04 sept. 2025, 16:00 – 16 sept. 2025, 20:00
LE COLISÉE CARCASSONNE
À propos de l'événement
HORAIRES
5 séances avec des horaires pouvant varier de quelques minutes :
Les horaires précis sont déterminés chaque semaine par le Colisée.
Jeu 4/09 : 16h - Dim 7/09 : 18h avec présentation du film par un membre de l'association
Ven 12/09 : 17h45 - Lun 15/09 : 13h45 - Mar 16/09 : 20h45.
SYNOPSIS
Vienne, au début des années 1980. Artiste indépendante et mère célibataire, Perla s’est construit une nouvelle vie avec Josef, son mari autrichien, et Júlia, sa fille. Mais le jour où Andrej, le père de Júlia, sort de prison et tente de reprendre contact, le passé ressurgit. Poussée à retourner en Tchécoslovaquie communiste qu’elle avait quittée, Perla entreprend un dangereux voyage, quitte à mettre en péril son avenir et celui de sa fille.
CRITIQUES
Le Monde
Une courte introduction ouvre Perla, qui évoque l’invasion de la Tchécoslovaquie par les forces du pacte de Varsovie en 1968. On mettra du temps à comprendre en quoi ce théâtre de l’oppression et de la violence politique concerne le film, et plus spécifiquement son héroïne, qu’on retrouve, par ellipse, immédiatement à Vienne dans les années 1980. Un récit méandreux nous est proposé, qui nous semblera d’une intelligence formelle et sensible d’autant plus justifiée une fois qu’on aura pris la mesure du poids de secret et d’intimité blessée qu’il recouvre. Perla est une émigrée slovaque, artiste peintre désargentée, mère célibataire, femme à la fois fantasque et sombre, farouchement indépendante, installée à Vienne dans une certaine précarité avec sa fille.
Elle y fait la rencontre d’un homme, Josef, qui s’éprend d’elle, quitte sa femme pour fonder une famille avec Perla et sa fille. C’est pourtant sous le signe d’une impossible normalisation que va pencher le récit, par signes discrets d’abord, puis de plus en plus frontalement. De mystérieux appels que Perla tient secrets, le refus obstiné de parler de son passé, sont à cet égard le prologue d’un affrontement avec elle-même d’autant plus difficile qu’il recouvre un traumatisme d’une vive intensité. Révélé au spectateur par un terrifiant flash-back, il nous renvoie au début du film, au passage clandestin de Perla, enceinte, avec le père de sa fille pour fuir l’avancée des Soviétiques. Comme dans les contes, une forêt profonde, nocturne, sauvage, constitue le lieu d’où l’on ne revient jamais. Il s’agira ensuite de persuader son nouveau compagnon qu’elle doit retourner dans son pays, sur les instances d’un personnage qui ne semblait pas exister : le père de sa fille, aujourd’hui adolescente, et qui exige de la voir. Ne serait-ce pas aussi, ce qu’elle ne saurait avouer, parce qu’elle veut revoir cet homme, dont elle a porté l’amour mais qu’elle a résolument abandonné ? Le retour en famille en Slovaquie, terre traumatique, lieu de barbarie plus ou moins policé, sera son épreuve de vérité, au risque de tout perdre.
Ce qu’il y a de bien dans ce deuxième long-métrage d’Alexandra Makarova, c’est qu’il ne se sent obligé ni d’apporter des réponses circonstanciées aux questions qui le font avancer, ni de se complaire dans le pathos que son récit l’autoriserait à cultiver.
Formellement très travaillé dans de belles gammes sombres et embrumées, cultivant l’atmosphère empoisonnée et subtile de la Mitteleuropa, jouant sur le registre inquiétant du polar existentiel, Perla est un beau portrait de femme, rapporté à la menace, constante, de son aliénation et de son arraisonnement. C’est sans doute pour cette raison qu’Alexandra Makarova, tenant son cadre, reste sur les lieux après que son personnage les a quittés, suggérant la possibilité d’un monde vidé de sa présence. Ce contre quoi Perla trouve la raison de son combat.
Télérama :
Beauté pâle davantage que brillante, Perla est une artiste peintre qui a bataillé seule pour fuir la Tchécoslovaquie communiste avec Júlia, sa fille d’une douzaine d’années. En ce début des années 1980, la mère vit chichement avec son enfant à Vienne, en tentant de vendre ses toiles. Elle y rencontre Josef, un Autrichien bon et rassurant. Une nouvelle vie de famille, légère et harmonieuse, s’édifie, enterrant peut-être trop facilement le passé. Car un jour, Perla reçoit des nouvelles du père de Júlia, qui se dit très malade et insiste pour la voir…
La traversée du rideau de fer et les bouleversements de vie qu’elle implique, Alexandra Makarová les a connus à travers son histoire familiale, en particulier celle de sa mère et de sa grand-mère. Des femmes donc, ce qui donne une couleur forcément différente à ce type de récit, jusque-là surtout dévolu aux hommes. La réalisatrice, née en Slovaquie et qui vit aujourd’hui entre Vienne et Berlin, restitue ici un parcours d’autant plus insolite que Perla retourne dans le pays qu’elle a fui, ce qui équivaut presque à se jeter dans la gueule du loup. Même si le régime en Tchécoslovaquie était moins autoritaire qu’en URSS, le danger existait, parfaitement figuré par une scène glaçante de contrôle intempestif à l’hôtel.
Aussi imprévisible et parfois fantasque que Perla (Rebeka Poláková, toujours juste), le film épouse sa force de caractère, mais aussi ses contradictions, son désir fluctuant. Sur la région où elle a grandi, la réalisatrice révèle des choses singulières, comme ce rituel slave et rural, angoissant, le lundi de Pâques, lors duquel les femmes célibataires du village sont pourchassées au petit matin et arrosées d’eau froide. De quoi redoubler l’envie de quitter ce monde arriéré, auquel Perla reste malgré tout attachée. Rempli de zones grises, le portrait qu’en fait la réalisatrice révèle toute la force et la fragilité d’une femme littéralement coupée en deux, à l’image des blocs géopolitiques.
Première :
Inspirée par l’histoire de sa famille, Alexandra Marakova raconte ce voyage que Perla entreprend avec sa fille et son nouveau compagnon avec un sens des rebondissements et une écriture fouillée de chaque personnage qui donnent naissance à un suspense haletant de bout en bout.
Bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=ovZfUs1X5RM

