PLUS FORT QUE MOI
jeu. 23 avr.
|LE COLISÉE CARCASSONNE
Drame, biopic - Grande Bretagne - 2h01 (1/04/2026) De Kirk Jones (II) Avec Robert Aramayo, Shirley Henderson, Maxine Peake Titre original I Swear


Heure et lieu
23 avr. 2026, 16:00 – 04 mai 2026, 14:00
LE COLISÉE CARCASSONNE
À propos de l'événement
HORAIRES
5 séances avec des horaires pouvant varier de quelques minutes :
Les horaires précis sont déterminés chaque semaine par le Colisée.
Jeu 23/04 : 16h05 - Mar 28/04 : 20h15 échanges après la séance en présence des ADC.
Ven 1/05 : 18h15 - Dim 3/05 : 18h15 - Lun 4/05 : 14h
SYNOPSIS
Dans les années 1980, John Davidson grandit avec le syndrome de Gilles de la Tourette, une pathologie encore largement méconnue. Entre incompréhension, stigmatisation et détermination, son parcours d’abord semé d'embûches se transforme en combat pour être reconnu tel qu’il est, au-delà des préjugés.
SECRETS DE TOURNAGE
Plus fort que moi a été présenté en avant-première mondiale lors de l’édition 2025 du festival de Toronto. Par la suite, il a également été sélectionné dans d’autres grands festivals internationaux tels que ceux des Arcs, Palm Springs, Göteborg ou encore Rotterdam.
Il s’agit du sixième long-métrage réalisé par le cinéaste anglais Kirk Jones. Cela faisait neuf ans, depuis la sortie de Mariage à la grecque 2, qu’il n’avait pas réalisé de film. En outre, Plus fort que moi est son premier scénario original depuis Everybody’s Fine (2009).
Les symptômes principaux du syndrome de Gilles de la Tourette sont les tics moteurs et sonores, souvent accompagnés de troubles psychiatriques. Les tics surviennent de manière intense et répétée, mais ils peuvent être temporairement contrôlés par un effort volontaire, bien que cela soit généralement limité à de courtes périodes.
CRITIQUES
Liberation :
En toutes circonstances, John Davidson dit et fait le pire possible. Devant Elizabeth II, en 2019, au moment de recevoir l’Ordre de l’empire britannique distinguant son activisme pour faire connaître le trouble neurologique dont il est atteint, il a proféré un tonitruant «Fuck the queen». En février, à la cérémonie des Bafta, où Plus fort que moi, le film racontant sa vie, était nommé cinq fois, au moment où les acteurs afro-américains Michael B. et Delroy Lindo présentaient le premier prix de la soirée, il a crié «nigga». Au quotidien, depuis l’âge de 14 ans, quand sa vie a été bouleversée par le syndrome de Gilles de La Tourette, cet Ecossais subit à chaque minute le fait catastrophique de voir son corps et sa tête s’exprimer avec une confondante sauvagerie, dynamitant et défaisant chaque fibre de sa vie sociale et intime, outrepassant tous les seuils du socialement acceptable jusqu’à mettre sa vie en péril, dominé par des pulsions irrépressibles qu’il faut assouvir (quand il a emménagé dans une tour, il a fallu barrer le balcon). Tous les tabous laminés Comme l’ont raconté trois documentaires tournés par la BBC à différentes étapes de sa vie, c’est, du point de vue personnel, une tragédie. Mais comme le montre Plus fort que moi, c’est, du point de vue du cinéma, l’opportunité inespérée de faire éclore le spectaculaire dans le terreau du cinéma le plus balisé, engoncé dans son bon droit à ne faire aucun effort qui soit de se distinguer par le récit ou la mise en scène – le cinéma social. Ainsi, aucune banalité de ce mélo doux-amer ne tient face au personnage de «Fuck Off John», à ses tics, ses gestes incontrôlés et ses insultes inappropriate, laminant tous les tabous au fur et à mesure qu’ils se présentent à lui. Bombe à fragmentation au cœur de son propre film, il le fait se reconfigurer en permanence autour de ses pulsions illico faites péripéties, le faisant valdinguer sans cesse et nous avec, nous projetant dans un fascinant état d’incertitude – a-t-on le droit de rire ici, et là, et là encore ou faut-il s’exaspérer que le voisin de projection s’esclaffe alors qu’un tic le fait décocher dans l’allée d’un supermarché un coup de poing dans la figure de Dottie Achenbach, l’infirmière en psychiatrie qui l’a pris sous son aile ? Robert Aramayo, qui interprète John Davidson avec une grâce naturaliste qu’on a vite fait de qualifier de «De Niro-esque», mesure cette tension qui traverse, in fine tient du début à la fin de Plus fort que moi, abandonnant le spectateur à son sort pour décider de l’intentionnalité, du fond, de la signification de ses actes. «On nous a beaucoup posé la question, à Kirk [Jones, le réalisateur, ndlr] et moi, raconte-t-il à Libération plein de précaution lors de son passage à Paris. J’aime l’argument que John nous a dit la première fois qu’on s’est vus : “Ma vie est à la fois la plus drôle et la plus tragique qui soit.” Parfois, il rit de ses propres tics, de sa répartie, et c’était important d’inclure ça". L’effet d’une révélation L’acteur anglais, originaire du Yorkshire de l’Est dont il a conservé l’accent, a pourtant hésité un temps avant d’accepter le rôle – proposé rubis sur l’ongle par Kirk Jones, sans même lui faire passer d’audition, parce qu’il avait aimé sa performance dans Mon amie Adèle, mini-série Netflix dans laquelle il interprétait un patient d’hôpital psychiatrique, gay, addict, à forte propension à l’incorrection. Une histoire de responsabilité, lourde, dont le cinéaste expliquait dans un entretien au Guardian que l’acteur la partageait à égalité, a minima, avec lui. «Je n’étais vraiment pas certain d’arriver à jouer le personnage. J’avais peur de ne pas rendre justice à John, à son histoire. J’ai été intimidé comme jamais, et j’ai accepté comme on plonge dans le grand bassin sans être certain de savoir nager. Par ailleurs, mes connaissances sur Tourette étaient tout ce qu’il y a de plus banal. Je n’avais jamais entendu parler de John ni vu les docus sur lui. A posteriori, je sais que c’était une bonne chose. Je me suis passionné pour lui en lisant le scénario. Et j’ai compris que si le rôle représentait un défi d’acteur, c’était autant pour représenter la Tourette que parce que John est originaire de Galashiels [petite ville écossaise où Davidson a passé sa vie], que j’aurais à l’interpréter à différents âges de sa vie, et parce qu’il est une personne très différente de moi, et de la plupart des rôles que j’ai joués jusqu’ici.»Des rôles divers, depuis les planches du Hull Truck Theatre jusqu’aux séries Game of Thrones et les Anneaux de pouvoir où, on l’avoue, on l’avait peu remarqué ; au point que son émergence en jogging dans Plus fort que moi, clope à la bouche, déhanché sur un air de rock anglais (Born of Frustration de James, 1992), nous fasse l’effet d’une révélation. Le petit monde du cinéma britannique d’ailleurs ne s’y est pas trompé, distinguant l’acteur diplômé de Juilliard avec deux Bafta, celui d’étoile montante et de meilleur acteur, récompense raflée au nez et à la barbe de Leonardo DiCaprio et de Timothée Chalamet. John Davidson, comme on le sait, était dans la salle ce soir-là ; pendant que Robert Aramayo était célébré pour sa performance d’un jeune Ecossais atteint du syndrome de Gilles de La Tourette, le travailleur social de Galashiels, assis au quarantième rang du 195 Piccadilly pour éviter de se faire remarquer, lançait un scandale international en hurlant une insulte raciste sur la BBC, provoquant l’ire de Jamie Foxx et de dizaines d’autres. «La nécessité de s’en parler Incroyable ironie puisqu’était distingué pour la première fois un film sur un malade de la Tourette et l’ignorance qui persiste, dans nos sociétés, à son sujet – à l’instar des innombrables déconvenues de Davidson avec la reine, des policiers, des badauds au pub, celle-ci aurait pu faire l’objet d’une scène du film. Fatalement gêné aux entournures par le pathétique drama convoyant son propre sacre, Robert Aramayo rappelle la brutalité du syndrome au cœur d’I Swear (titre original, formidable, qui joue sur la polysémie du verbe jurer – «je profane» ou «je jure» que je n’y suis pour rien), dont les symptômes sévères agissent comme des coups de butoir dans les murs du vivre-ensemble. «Le truc avec Tourette, c’est que ses conséquences sont d’autant plus blessantes et offensantes que la plupart des gens n’y comprennent rien. Les tics physiques sont une chose, mais les mots sont bien pires – des mots souvent atroces, dont personne ne peut nier qu’ils auront un effet délétère sur ceux qu’ils visent. Impossible d’aborder le sujet sans prendre en compte cette contradiction. Si le film rappelle quelque chose, c’est de la nécessité de s’en parler. Il nous reste beaucoup à apprendre.»
Télérama :
En 2019, John Davidson est décoré de l’ordre de l’Empire britannique par Élisabeth II en personne. La cérémonie se passe dans le meilleur des mondes protocolaires jusqu’à ce que l’heureux récipiendaire adresse un tonitruant « Fuck the Queen ! » à Sa Majesté. Contrairement aux apparences, ce sympathique Écossais n’est pas un antimonarchiste enragé : sa propension à insulter son prochain est, en fait, un symptôme du syndrome de Gilles de la Tourette (SGT) dont il souffre depuis son adolescence. Après une scolarité chaotique, John Davidson a grandement contribué à faire connaître et mieux comprendre au Royaume-Uni cette maladie neurologique caractérisée par des tics moteurs, et donc vocaux, en participant à plusieurs documentaires et en animant des groupes de soutien aux enfants et aux adultes atteints du SGT. Son parcours de résilient est reconstitué dans une comédie sociale comme savent si bien les réaliser les Britanniques, où, à la manière de The Full Monty et de Billy Elliot, les existences les moins glamours deviennent la matière d’une fiction euphorisante portée par une énergie et une bande-son d’époque (New Order, Pulp, Oasis, Fatboy Slim, etc.) qui déménagent. La leçon de vie de Plus fort que moi (titre moins percutant que le I Swear, « Je jure », original) pourra paraître un peu trop édifiante, et la dernière demi-heure aurait gagné à être raccourcie. Equilibre parfaitement dosé Mais la grande réussite du film est de parvenir à faire rire des malheurs de son personnage tout en le respectant grâce à une empathie et à une bienveillance jamais mièvres. Si la coprolalie de John déclenche souvent des moments hilarants (un entretien d’embauche où les manifestations du SGT sont décuplées par le trac, une rencontre avec une jeune « Tourette » qui vire au concours d’insultes), elle a, aussi, des conséquences tragiques — une scène glaçante de lynchage après une agression verbale mal comprise. L’équilibre entre humour, tension et émotion est parfaitement dosé, Kirk Jones parvenant même à mêler les trois dans une formidable séquence de procès. Robert Aramayo, vainqueur surprise du Bafta du meilleur acteur au détriment de Leonardo Di Caprio et Timothée Chalamet, y est bluffant, capable de nous tirer des larmes de rire… et des larmes tout court, quand son regard exprime la douleur d’un homme qui rêve d’avoir une vie normale tout en sachant que ce ne sera jamais vraiment possible. Fuck, quel comédien !
Le Monde :
Le syndrome de Gilles de la Tourette, ainsi nommé d’après le neurologue français qui le diagnostiqua au XIXe siècle, est une maladie neuropsychiatrique d’origine génétique qui se caractérise principalement par des tics physiques et verbaux. La coprolalie, ou la compulsion consistant à littéralement décharger les pires insultes et insanités en public, sans les penser pour autant, reste une manifestation mineure de la maladie, mais n’en est pas moins une source majeure d’humour, moins cruelle au demeurant envers ceux qui en sont atteints que jubilatoire en raison de sa dimension carnavalesque. Quelques films, assez rares, s’en sont inspirés à ce titre. Plus fort que moi (I Swear), de l’Anglais Kirk Jones, qui parvient à un mélange assez idéal de drôlerie et d’approche documentée de la complexité de ce handicap, risque fort de faire exploser le baromètre. Le film s’inspire de la vie de l’Ecossais John Davidson, qui se découvrit atteint par cette maladie dans son adolescence dans les années 1980, et devint, au fil du temps, l’un des principaux activistes qui aura consacré sa vie à une meilleure connaissance et à une meilleure prise en charge de la pathologie. Le récit nous fait saisir l’ampleur du handicap relationnel et social sous-tendu par cette affection, l’hostilité et l’incompréhension qu’elle génère, la souffrance et le courage qu’il aura enfin fallu à John Davidson pour surmonter l’épuisement émotionnel de sa mère, se reconstruire lentement grâce à quelques rencontres décisives Bien sûr, le long-métrage – qui s’ouvre sur un retentissant « Fuck the queen » lors de la remise de médaille récompensant pour son action le héros – ne dédaigne pas pour autant les ressources humoristiques liées à son sujet, mais n’en abuse pas. Il faut enfin souligner la performance impressionnante de l’acteur Robert Aramayo dans ce rôle si peu évident, sans lequel le film ne serait pas ce qu’il est. Touche d’inclusivité Il n’échappera à personne que Plus fort que moi (I Swear) s’inscrit dans une histoire plus générale de la comédie, qui consiste à requalifier la faiblesse et la stigmatisation – peu importe qu’il s’agisse d’un handicap social, mental ou physique – en force morale. Sur ce long chemin, qui conjoint Le Vagabond (1915), de Charlie Chaplin, jusqu’à Un petit truc en plus (2024), d’Artus, en passant par Vol au-dessus d'un nid de coucou (1975), de Milos Forman, le cinéma anglais tient une place significative, souvent déclinée sur son aspect social. Souvenons-nous à cet égard du vertigineux succès de The Full Monty – l’histoire de chômeurs longue durée rédimés en strip-teaseurs intégraux – de Peter Cattaneo en 1997. A ceci près que Kirk Jones, 61 ans, vieux briscard du feel-good movie britannique, lui ajoute, à travers l’évocation de ce héros activiste, la touche d’inclusivité nécessaire à toute œuvre contemporaine qui entend marcher dans les clous. Et les clous, comme chacun sait, sont aussi faits pour que l’on glisse dessus. Deux dangers – l’un envisageable, l’autre avéré – sont ainsi susceptibles de mettre à mal l’exemplarité du film.
Le premier, au nom d’une appropriation culturelle qui repousse chaque jour les frontières du possible, serait qu’on lui reproche d’employer un acteur pour jouer le personnage. Le second, qui relève de la pure peau de banane, s’est déroulé, dimanche 22 février, à la cérémonie des Bafta, les Césars anglais, durant laquelle le film a gagné cinq statuettes. Non sans que John Davidson, présent dans la salle, ne traitât haut et fort les deux remettants, Michael B. Jordan et Delroy Lindo, de « Nigger ! » (« nègre »), s’en excusant platement après coup. Les réseaux sociaux se sont chargés de la suite, œuvrant sans doute à accréditer l’utilité de ce long-métrage.
Première :
La mise en scène se veut efficace, sans afféteries, presque télévisuelle, ce qui n’est pas forcément un gros mot, et surtout pas au pays de la BBC. Kirk Jones se concentre sur ses acteurs, en commençant par le fabuleux débutant Scott Ellis Watson (...).
Abus de ciné :
Kirk Jones alterne les moments de drame et de comédie, dans un mouvement qui a pour but d’éviter tout apitoiement. En résultent quelques scènes très drôles qui permettent en même temps de toucher du doigt la souffrance du personnage.
Bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=Vt-gdxB5xd4
