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SORRY, BABY

jeu. 18 sept.

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LE COLISÉE CARCASSONNE

Drame - USA - 1h44 (23/07/2025) De Eva Victor Avec Eva Victor, Naomi Ackie, Lucas Hedges

SORRY, BABY
SORRY, BABY

Heure et lieu

18 sept. 2025, 16:00 – 30 sept. 2025, 20:00

LE COLISÉE CARCASSONNE

À propos de l'événement

HORAIRES

5 séances avec des horaires pouvant varier de quelques minutes :

Les horaires précis sont déterminés chaque semaine par le Colisée.

Jeu 18/09 : 16h25 - Dim 21/09 : 18h20 avec présentation du film par un membre de l'association .

Ven 26/09 : 18h30 - Lun 29/09 : 13h45 - Mar 30/09 : 21h.


SYNOPSIS

Quelque chose est arrivé à Agnès. Tandis que le monde avance sans elle, son amitié avec Lydie demeure un refuge précieux. Entre rires et silences, leur lien indéfectible lui permet d'entrevoir ce qui vient après.


CRITIQUES

Les Cahiers du cinéma :

Eva Victor restitue avec justesse les dissonances provoquées par la violence subie : entre ce que l’on veut être et ce que l’on est désormais, entre la justice que l’on mérite et la réalité d’un monde qui ne sait la rendre.

France Info Culture :

Distribué par A24, le premier film de la réalisatrice a été présenté au Festival

Sundance et a clôturé la Quinzaine des Cinéastes à Cannes.

Son jeu a l'intensité d'une Margaret Qualley et l'étrangeté d'une Phoebe Waller-Bridge. Quant à son univers, il est sensible et authentique. Avec Sorry, Baby, la réalisatrice et actrice Eva Victor signe un premier long-métrage bouleversant, distribué par le célèbre studio A24.

Présenté au Festival Sundance où il reçoit le prix Waldo-Salt du scénario puis à la Quinzaine des Cinéastes à Cannes, Sorry, Baby connaît une trajectoire similaire au long-métrage Aftersun. En 2022, le premier film de Charlotte Wells relatait une relation père-fille marquée par la dépression, un scénario qui avait tapé dans l'œil du réalisateur du film oscarisé Moonlight et producteur, Barry Jenkins. À la tête de la boîte de production Pastel, il est aussi derrière ce premier film d'Eva Victor qui débarque en salle le 23 juillet.

La rencontre entre Barry Jenkins et Eva Victor s'effectue par l'intermédiaire des réseaux sociaux, où la jeune femme qui se met en scène dans des vidéos humoristiques est repérée par le réalisateur. Quelques années plus tard, c'est elle qui vient taper à la porte du producteur avec un scénario très éloigné du monde du stand-up.

Dans Sorry, Baby, elle relate le parcours de guérison d'Agnès victime d'un viol commis par son directeur de thèse. Un scénario inspiré de l'histoire personnelle de la réalisatrice qui endosse le rôle principal de son propre film. 

Briser la culture du viol

Dans sa Nouvelle-Angleterre, Agnès jeune doctorante et professeure à l'université survit, isolée du monde. Son amie Lydie (incarnée par Naomi Ackie) venue de New-York pour lui rendre visite brise cette routine solitaire lors d'une scène de retrouvailles enjouées. Après une longue séparation, les anciennes colocataires partagent à nouveau un quotidien au-dessus duquel planent la tristesse d'Agnès et sa tentative de reconstruction. Il nous faut un certain temps pour comprendre ce qui a bien pu arriver à cette jeune femme dont l'intelligence crée la jalousie de ses pairs. Au vu des remarques déplacées de son entourage et du malaise ressenti par Agnès, il devient très vite évident que quelqu'un s'en est pris à elle.

Pourtant le mot viol est rarement prononcé, la jeune femme opte plutôt pour"the bad thing" (la mauvaise chose, en français). Il n'empêche que jamais un film n'aura décrit la réalité d'une agression sexuelle et ses conséquences avec autant de justesse, de réalisme et de sensibilité. Alors que le viol est souvent utilisé comme levier scénaristique, tantôt filmé avec violence ou par des stéréotypes, Eva Victor brise les clichés et s'attache à décrire la vérité sans la montrer. Un plan d'une maison - celle du directeur de thèse d'Agnès - filmée jusqu'à la tombée de la nuit suffit à faire comprendre l'effroi de la jeune femme dans un état de sidération même si elle parvient à réunir ses forces pour immédiatement raconter l'agression qu'elle vient de subir.

Espoir du cinéma indépendant

C'est avec un scénario à rebours qu'Eva Victor conçoit Sorry, Baby. L'histoire découpée en chapitres commence dans le présent avant de remonter le temps. Un procédé subtil qui permet au public de connaître les personnages avant d'aborder le traumatisme et éviter de les circonscrire à cette réalité, mais surtout de dresser les fondations du second grand sujet du film : l'amitié féminine.

Récit d'une guérison, Sorry, Baby raconte aussi la force de la sororité et du matrimoine dans une société désuète lorsqu'il est question de prendre en charge les victimes de violences sexuelles. Les dialogues remplis d'humour et l'alchimie entre Eva Victor et sa partenaire de jeu Naomi Ackie font de Sorry, Baby un véritable remontant. Alors qu'il s'agit seulement de son premier film, cette cinéaste donne déjà le ton d'une œuvre qui s'annonce marquante. Une prouesse cinématographique signée par celle qu'on ne craint pas de considérer comme la future figure de proue du cinéma indépendant. 

Le Monde :

Agnes entre de jour dans une maison cadrée en plan large. Le spectateur, lui, reste à la porte. L’étudiante en littérature finit par sortir. Hagarde, elle regagne sa voiture. Quelque chose s’est passé là que le film ne cherche ni à montrer ni à nommer clairement, mais dont il va saisir en profondeur les répercussions. Quand Sorry, Baby commence, ce drame a déjà eu lieu quelques années plus tôt.

Traitant de l’épineux sujet du trauma, le long-métrage avance au fil d’une chronologie découpée en chapitres où passé, présent et futur apparaissent de manière désordonnée. Comment rendre compte de ce bouleversement qui touche en souterrain à ce qu’il y a de plus intime ? Ce qui anime de bout en bout Eva Victor, c’est cette expression d’une vérité inconfortable. Il n’y a pas de justice ici, au sens propre comme au figuré, horizon inaccessible. Ce qui compte, dès lors, c’est de pouvoir dire les choses telles qu’elles sont, dans ce qu’elles ont de plus lumineux et de plus sombre. 

Les Inrocks :                                                                                                                                  Plusieurs films, cette année, ont en commun de faire intervenir assez tard un élément de perturbation majeure de leur intrigue. Sorry, Baby est de ceux-ci. Eva Victor le réalise et en interprète le rôle principal, celui d’Agnes, étudiante puis professeure de littérature dans une petite ville de Nouvelle-Angleterre : dans sa première partie, le film fait l’effet d’une espèce d’ethnographie pince-sans-rire de la vie des intellos thésard·es du Nord-Est américain, sorte de Desplechin du Massachusetts ou de Lena Dunham néo-rurale. La comédie est discrète mais présente, dans ce portrait de sororité bibliophile à tisanes et promenades en forêt, où l’héroïne affecte tout de même une sorte de désinvolture hautaine limite infecte, ou drôle selon les moments (qui peut supporter une personne qui lit en souriant ?).                                            

Ce qui marche alors comme une sorte de Kelly Reichardt goguenard (on peut penser à Showing Up dans la satire à mèche lente d’un petit monde culturel américain) est cependant soudain renversé par un traumatisme vis-à-vis duquel le film va, à partir de ce point, totalement changer de perspective, en ce qu’il s’agira de montrer comment son personnage va négocier avec ce drame, panser ses plaies et tâcher de retrouver la sérénité.                                                        

La combinaison de ces deux registres est tout de même un défi un peu particulier pour les spectateur·rices, qui ne savent pas forcément sous quel angle prendre ce film frappé d’une soudaine gravité, mais la confusion est sans doute volontaire de la part d’Eva Victor qui, de bout en bout, dégage un sentiment de profonde maîtrise, d’intelligence tranquille de son récit qui semble bien parti pour vivre un bout de temps en nous. 

Télérama :                                                                                                                          

Cette Américaine de 31 ans s’était fait connaître en signant des petites vidéos drolatiques diffusées sur les réseaux sociaux, et la voici, cette année, sous les projecteurs du festival de Sundance et de la Quinzaine des cinéastes pour son premier long métrage, en tant qu’autrice, actrice et réalisatrice célébrée. Eva Victor s’affirme. C’est justement ce qu’a le plus grand mal à faire la jeune femme repliée sur elle-même qu’elle joue dans Sorry, Baby. Doctorante en littérature dans une université du Massachusetts, Agnès a vu sa meilleure amie, Lydie, vivre sa vie, partir à New York, rencontrer l’amour et, maintenant, tomber enceinte. « Ton corps est un miracle ! » s’émerveille Agnès. Le sien est meurtri, figé dans le traumatisme du viol subi quatre ans plus tôt, dans la maison du directeur de thèse qui faisait l’apologie de son travail.                                                                                            Eva Victor ne cache pas avoir trouvé l’inspiration dans une épreuve semblable, intimement vécue. À la confession, elle préfère cependant une écriture romanesque et le plaisir de faire vivre à l’écran ces deux personnages d’amies dont les confidences sur canapé rappellent des moments chaleureux dans les films d’Almodóvar. Une légèreté est possible, malgré tout. Mais le traumatisme du viol n’a pas besoin d’être nommé pour être omniprésent. Les moments de cocooning avec Lydie sont une joie et aussi une réparation de la souffrance. Le refus même de dramatiser le récit reflète l’expérience d’Agnès, qui n’a pas su nommer ce qu’elle avait subi. « Il m’est arrivé un truc grave », continue-t-elle à dire. Son impuissance à vraiment s’emparer des faits passe directement dans la mise en scène d’Eva Victor. La maison du directeur de thèse, où l’on voit Agnès entrer, est filmée à distance. Puis, la fin du jour devient nuit et le plan reste fixe, longtemps. Comme un regard détaché, paralysé par le viol qui a lieu à l’intérieur.                                                          

Cette justesse impressionnante se mêle à la pudeur et à la modestie d’une cinéaste qui dit simplement avoir voulu faire ce film pour la personne qu’elle était. Sorry, Baby est un magnifique geste de consolation, de solidarité avec soi-même. À Agnès, parfois désorientée jusqu’à la crise d’angoisse à force de ne rien vouloir laisser transparaître de ce qui la hante, Eva Victor offre sa tendresse, sa compréhension. Comme Lydie lorsqu’elle pose sa main protectrice sur le genou d’Agnès, à qui une ancienne thésarde balance lors d’un dîner : « Tout est facile pour toi, tout le monde te trouve brillante et sexy. » Invisible, indicible, le viol referme sa victime sur un silence et une solitude sans partage. Il y a heureusement l’amie de toujours et le soutien qui peut venir d’un vendeur de sandwichs, d’un chat trouvé dans la rue.

La volonté de composer en chapitres aux titres spirituels une chronique qui affronte la vérité sans être sombre ni larmoyante donne à Sorry, baby une tonalité à part, légère et pourtant hypersensible. C’est particulièrement frappant dans les scènes qui montrent la relation que commence à développer Agnès avec un voisin un peu hurluberlu, Gavin. Les moments qui les réunissent sont toujours cocasses et, pourtant, le plus beau, le plus précieux y est dit : la redécouverte par Agnès du corps d’un homme et du sien, le retour à la vie.


Bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=cfa5jb5qcwc




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